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mardi 16 avril 2013

Le plus petit baiser jamais recensé - Mathias Malzieu

Le narrateur de cette histoire est un inventeur-dépressif, un jour, il embrasse une jeune fille, un tout petit baiser, minuscule, le plus petit baiser jamais recensé... et elle disparaît. Notre inventeur ne peut pas en rester là, il décide d'aller voir un détective à la retraite pour l'aider à la retrouver. Il se fait aider d'un perroquet "wi-fille" (qui est capable d'entrer en connexion avec les filles) mais la tâche n'est pas simple, car le héros est abîmé par l'amour : il a un trou d'obus à la place du cœur. Heureusement, il reçoit l'aide de la pharmacienne, Louisa, qui poste ses petites annonces et teste les bonbons au goût de baiser.

Mon avis sur ce roman est très mitigé.
J'ai aimé le style de l'auteur, plein de poésie et de fantaisie. J'ai, par exemple, beaucoup aimé l'invention du bonbon fourré au baiser qui fait exactement le même effet qu'un vrai baiser : "électrique, suave et doux à la fois". Les nombreux jeux de mots, mots valises et autres néologismes, m'ont aussi beaucoup plu : le "sparadramour" par exemple est un jeu de mot attendrissant, le "nichonnier" est, quant à lui, plutôt humoristique, il s'agit d'un arbre qui ne produit que deux fruits dans sa vie et si on s'endort entre ses branches, on se réveille amoureux.
En revanche, la fantaisie fait, certes, l'originalité du livre, mais au bout d'un moment, cela devient lassant. Les jeux de mots et les folies de l'auteur à petites doses auraient été agréables et auraient donné du piquant à l'histoire, mais ici, il y en a, j'exagère à peine, à chaque ligne, j'en étais au bord de l'indigestion. De plus, sans révéler la fin car certains auront peut-être envie de le lire, j'ai deviné dès les trente premières pages comment le roman se terminerait, j'espérais me tromper, mais à ma grande déception, mon intuition était la bonne.
Il s'agit donc d'un roman dont l'intérêt principal est le style de l'auteur à condition de ne pas s'en lasser...

Voici un extrait de ce roman (début du troisième chapitre) :

"Je descendis le boulevard Lee Hazlewood dont les noisetiers géants faisaient tinter leurs fruits de bois. Les arbres passaient au roux, le vent arrachait leurs premières feuilles mortes. Avec ma crinière d'écureuil, je traversais l'automne comme un trompe l'œil, peinard. Sur mon épaule gauche le perroquet détonnait, avec ses airs de ciel d'été. Je pensais à la fille invisible; Lorsque les souvenirs de la guerre mondiale de l'amour remontaient à la surface, je me concentrais sur le challenge d'inventivité amoureuse qu'il me faudrait pour la retrouver. J'aimais l'idée qu'elle puisse être partout. les questions tourbillonnaient sous mon crâne, s'entrechoquant les unes contre les autres. Qui était-elle ? Pourquoi ce baiser m'obsédait-il ? Pourquoi avait-elle disparu ? Etais-je le seul à déclencher ça chez elle ? Avais-je à faire à une véritable histoire de fantôme ?
Je regagnais mon appartelier du 10, rue Brautignan, dans le 3e arrondissement, où j'avais déposé mes valises pleines de vide quelques mois auparavant. Les murs étaient si blancs qu'on les aurait crus recouverts de peinture à l'ectoplasme."

8 commentaires:

  1. Mais comment se lasser du style de Mathias Malzieu ?....

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    1. Très sincèrement, je n'ai pas accroché.

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  2. En effet, à plus petites doses ça passerait bien mieux de mon côté également...

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    1. J'ai lu ton billet sur ton blog, nous avons eu le même ressenti sur l'œuvre.

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  3. J'ai bien aimé ce livre. Il est plaisant, mais manque de rythme et de profondeur. Le style de Mathias Malzieu est vraiment unique, mais je trouve que l'histoire manque, cette fois ci, de relief. Un style plus léger et une histoire plus profonde auraient été plus agréables.

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    1. Je suis entièrement d'accord avec ton analyse.

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  4. J'avais aimé les deux premiers romans, mais j'ai peur de me lasser...

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    1. C'est possible... d'autant que d'après les critiques que j'ai lues, ce roman est loin d'être son meilleur.

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