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lundi 11 mars 2013

Histoires insolites des écrivains et de la littérature - Marc Lefrançois

Dans ce livre, Marc Lefrançois nous raconte des tas de petites anecdotes sur les écrivains et le monde de la littérature en général. Ces anecdotes se présentent par ordre alphabétique à la manière d'un dictionnaire. On apprend par exemple que Gérard de Nerval a été vu promenant un homard en laisse et il aurait expliqué qu'un homard "n'est pas plus ridicule qu'un chien, qu'un chat, qu'une gazelle, qu'un lion ou toute autre bête dont on se fait suivre".

Ces petites histoires sont souvent très drôles, de plus, l'auteur ne se prend pas au sérieux et adopte une écriture au ton humoristique. Je formulerais néanmoins un reproche : les titres des articles ne permettent pas de faire de recherches précises, voici un exemple : à la lettre "C" on trouve l'article "Chuttt !" qui nous explique à quel point Oscar Wilde avait de la répartie, mais si l'on souhaite un jour trouver des anecdotes concernant cet auteur, il n'y a aucun moyen de retrouver ce qui nous intéresse d'un seul coup d'oeil (il aurait fallu à la fin de l'ouvrage un index par auteur).
Il s'agit donc d'un livre sympatique qui permet de passer un bon moment et d'avoir quelques anecdotes croustillantes à raconter mais un meilleur référencement aurait été souhaitable.

Voici une des anecdotes :

"Comment briser la glace

Faire connaissance d'une inconnue assise dans un café peut être délicat, surtout si l'on veut éviter les poncifs du genre "On se connaît ?"
En l'occurence, la palme de l'originalité revient sûrement à Alfred Jarry. Il voulait entamer la conversation avec une belle inconnue assise dans un salon de thé. Pour ce faire, il n'avait rien trouvé de plus subtil que de tirer une balle dans un grand miroir qui se trouvait là. Il n'avait alors plus qu'à s'approcher de la femme, certainement pétrifiée de peur, et lui dire ces mots :
- Maintenant que la glace est rompue, causons."

Je ne connaissais pas du tout cet auteur et c'est en faisant un tour sur son blog que je l'ai découvert. Son roman au titre provocateur Marcel Proust roi du Kung-Fu me tente beaucoup, je pense qu'il va bientôt attérir sur ma PAL ... Il s'agit d'une histoire d'amour entre Paul, passionné de karaté et de culturisme, et Elodie, délicate et passionnée de culture qui déteste les arts martiaux. A suivre ...

vendredi 8 mars 2013

Un homme trop facile - E.-E. Schmitt

Après ma lecture des Deux messieurs de Bruxelles, j'ai eu très envie de me replonger dans une oeuvre d'E.E. Schmitt, j'ai donc choisi sa dernière pièce de théâtre : Un homme trop facile.

Alex, comédien à succès, se prépare pour jouer le rôle d'Alceste dans Le Misanthrope de Molière quand soudain, le vrai Alceste apparait dans le miroir de sa loge. Les deux personnages font connaissance et échangent (non sans difficulté) sur leurs différentes conceptions de la vie.

Habituellement, je lis des pièces de théâtre dans le cadre de mon travail, donc essentiellement des classiques. Eh bien je dois dire que cette lecture m'a beaucoup plu. La situation est originale, j'avais un peu peur au départ qu'elle soit artificielle mais je suis très vite rentrée dans l'intrigue. L'auteur s'est réapproprié la pièce de Molière d'une manière fort intéressante. Cette comédie d'apparence légère cache aussi des réflexions sur le rapport entre les êtres humains (forcément, avec Le Misanthrope...) et aussi sur le monde du théâtre (le travail du comédien, les genres...). Les personnages secondaires sont drôles, notamment Odon Fritz et sa pièce Combien de fois je me suis astiqué le pénis dans les toilettes pendant que mes parents s'engueulaient, pièce dont l'intrigue n'a rien a voir avec le titre et dont un personnage est un muet qui ne sert à rien (cela me fait étrangement penser au théâtre de l'absurde !).
Un homme trop facile a été créée au théâtre de la Gaîté-Montparnasse le 12 janvier 2013, si cette pièce passe un jour près de chez moi, j'assisterais volontiers à une représentation.

Voici un extrait de la pièce, au moment où Alceste apparait dans le miroir :

"D'un pas résolu, Doris sort et ferme la porte pour que la discussion ne se poursuive pas.
Resté seul, le comédien enfile le pantalon et la chemise d'Alceste.
Se plantant devant la haute glace en pied, il se contemple sans pitié.

ALEX : Mon pauvre garçon...Quelle dégaine ! J'aurais dû obéir à mon père et devenir maître nageur, comme lui. Un maillot et des sandales m'auraient suffi. (Il s'éloigne et bouffonne en s'habillant) Et un sifflet ! Pas besoin d'apprendre des milliers de vers, uniquement donner quelques coups de sifflet.

Pendant qu'il s'éloigne, un homme inconnu apparaît dans le miroir, un individu noble, hautain, habillé avec élégance ; il se penche vers le cadre pour observer Alex.
Lorsque Alex revient vers le miroir, l'homme s'eclipse promptement.
Alex retrouve son reflet dans la glace et répète des lambeaux de texte comme on se gargarise.

ALEX : "Non, je ne puis souffir cette lâche méthode
Qu'affectent la plupart de vos gens à la mode
Et je ne hais rien tant que les contorsions
De tous ces grands faiseurs de protestations."

Il se rabroue car le rythme des deux derniers vers s'avèrent bancal ; il s'efforce donc d'allouer deux pieds aux sons "ions".

ALEX : Fichus alexandrins ! Il me contraignent à parler et compter simultanément.

Il s'éloigne en martelant ses phrases.
Pendant ce temps, l'Inconnu revient dans le miroir et reprend son observation."

Jostein et Valou076 ont aussi aimé.




jeudi 7 mars 2013

Paul Eluard, Poésie, amour et liberté



Du 2 février au 26 mai a lieu à Evian-les-Bains au Palais Lumière une exposition sur Paul Eluard intitulée "Paul Eluard, Poésie, amour et liberté"

Evian-les-Bains, le Palais Lumière

Le parcours de cette exposition se fait en 7 étapes :
- De Grindel à Eluard : l'enfance du poète à travers des photos et ses premiers poèmes signés sous son véritable nom : Eugène, Emile, Paul Grindel (il a ensuite pris le nom de sa grand-mère "Eluard")
- Le Surréalisme : on peut voir les cadavres exquis de l'auteur illustrés par Max Ernst.
- Ses amis peintres : Eluard avait de nombreux amis et non des moindres : Picasso, Man Ray, Léger... quelques-unes de leurs oeuvres sont exposées.
- Les arts sauvages : il s'agit ici de la collection personnelle de Paul Eluard (masques et statuettes africains, océaniens et amérindiens).
- Picasso, l'Espagne et Guernica : les deux artistes étaient très proches, Picasso a illustré des recueils du poète et celui-ci a accompagné le travail du peintre et a mené des conférences sur son ami.
- Poète et féministe : Gala, Nusch et Dominique ont successivement vécu avec Paul Eluard et elles l'ont influencé dans son art. Chaque recueil met l'une ou l'autre en valeur.
- Liberté : Le poème "Liberté" connu de tous est le symbole de la résistance, il a été traduit dans plus de dix langues et illustré de manières très diverses.

Eluard et Picasso sur la plage de Juan-les-Pins

J'ai beaucoup aimé cette exposition en particulier la partie "poète féministe" où l'on voit des photos d'Eluard en compagnie de Gala, Nusch ou Dominique. Chacune l'a inspiré à sa manière. Je retiens particulièrement une photo sur laquelle le poète et Nusch posent au soleil, l'ombre d'une canisse "zèbre" les amoureux, Nusch est radieuse. De grands panneaux sur lesquels des poèmes sont imprimés parcourent la salle. . C'est une exposition qui est très axée sur la vie de l'auteur (on peut même voir son bureau), peut-être un peu trop, les photos d'Eluard bébé n'ont pas beaucoup d'intérêt. De nombreux manuscrits sont exposés, c'est très intéressant car on peut voir les ratures, les hésitations de l'auteur sur l'utilisation de tel ou tel mot, parfois, c'est le sens complet d'une phrase qui est modifié, je trouve que voir les manuscrits donnent une âme à un texte, c'est très émouvant. L'exposition est tellement riche que j'y retournerai sans doute car je n'ai pas pu tout voir ni tout lire.
Lundi soir a lieu une conférence sur le dadaïsme dans l'art et la littérature, je suis inscrite, petit compte rendu donc sur ce blog mardi.

Je ne peux pas terminer ce billet sans citer ce poème :

Liberté
Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J'écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom

Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom

Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom

Sur chaque bouffées d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes raisons réunies
J'écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attendries
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom

Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté
Paul Eluard
in Poésies et vérités, 1942
 


 

mercredi 6 mars 2013

Crocky le crocodile a mal aux dents - Yann Walcker et Mathilde Lebeau


Dans le cadre du challenge "Je lis aussi des albums" proposé par Herisson, ma choupette et moi vous présentons aujourd'hui Crocky le crocodile a mal aux dents, texte de Yann Walcker et illustrations de Mathilde Lebeau.

Crocky Ledur le crocodile est une star de la chanson mais un matin, il se réveille avec une forte douleur dans la machoire...

Cet ouvrage est publié dans la collection "Mes p'tits albums" aux éditions Auzou. Chaque album traite d'un thème particulier, ici il s'agit d' "hygiène et santé".

Choupette aime beaucoup cet album car elle a récemment eu mal aux dents ...

lundi 4 mars 2013

Les deux messieurs de Bruxelles - Eric-Emmanuel Schmitt

 Les Deux messieurs de Bruxelles est un recueil de cinq nouvelles d'Eric-Emmanuel Schmitt, auteur que j'aime beaucoup. Toutes ces nouvelles ont un rapport avec l'amour, mais pas forcément l'amour conjugal, elles parlent aussi de l'amour pour un animal, de l'amour de l'Homme etc. mais ce n'est qu'après avoir rédigé ces nouvelles que l'auteur s'est aperçu de ce thème commun, comme il l'écrit dans sa "note aux lecteurs" à la fin de l'oeuvre : "Une chose m'étonne depuis mes début : je ne saisis la cohérence de mes textes qu'à posteriori. L'unité n'est pas voulue, mais découverte. Phrases, personnages, situations, histoires s'avèrent un jus qui s'échappent de mon cerveau.
Rêverait-elle de bourgogne ou de bordeaux, une vigne de beaujolais ne peut donner que du beaujolais."

Je ne suis jamais déçue avec E.-E. Schmitt, encore une fois, j'ai adoré son livre. Conformément à l'esthétique de la nouvelle, l'écriture de ces histoires est dynamique et la chute souvent très surprenante. La nouvelle que j'ai préférée est "Le chien" : il s'agit de l'histoire d'un homme, Samuel Heymann, qui vit depuis toujours avec un beauceron nommé Argos, dès que son beauceron meurt, il en adopte un autre qu'il nomme Argos et ainsi de suite depuis de nombreuses années. Un jour, son chien se fait renverser et l'homme se suicide. Pourquoi après la mort de celui-ci, parfaitement identique aux autres beaucerons qu'il a eu dans sa vie ? Le narrateur, ami de Samuel, finit par le comprendre. J'ai aussi beaucoup aimé la nouvelle "Ménage à trois" qui raconte la drôle d'histoire d'une femme qui, après la mort de son mari, se met en ménage avec un autre homme qui n'arrête pas de parler de l'ancien mari...Je ne peux pas en dire plus !

Voici un extrait de la nouvelle "Le chien" :

"  Miranda, quel rapport entreteniez-vous avec les chiens de votre père ?
Elle soupira, soulagée que j'aborde l'essentiel. Achevant sa tasse de café, elle appuya son dos au fond de son siège et m'observa.
- Papa n'a eu qu'un chien à la fois. Un beauceron appelé Argos. J'ai cinquante ans aujourd'hui et j'en ai connu quatre.
- Pourquoi un beauceron ?
- Aucune idée.
- Pourquoi Argos ?
- Idem.
- Et vous ? Qu'en pensiez-vous ?
Elle hésita, guère habituée à formuler ces sentiments-là mais désireuse d'y parvenir.
- Je les ai tous aimés. Aimés passionnément. D'abord, c'étaient de bons chiens, boute-en-train, affectueux, dévoués. Et puis ils étaient mes frères, mes soeurs..."

 

dimanche 3 mars 2013

Challenge "Je lis aussi des albums" d'Herisson

Herisson organise un challenge autour de la lecture d'albums. Les modalités sont très souples car on peut s'inscrire sur le "baby challenge" : 2 albums sur l'année / le "Petit challenge" : 10 albums / le "Big challenge" : 20 albums / le "Challenge libre" : autant d'albums que l'on souhaite.

Ma choupette qui vient d'avoir 4 ans étant une grande amatrice de livres, je me suis inscrite à la version "Big challenge", nous vous présenterons donc 20 albums durant l'année 2013. Le premier billet sera publié mercredi.

Voici le logo du challenge, un clic sur ce logo vous dirigera sur le blog d'Herisson.

samedi 2 mars 2013

ATOM[KA] - Franck Thilliez

Après quelques années d'absence (si bien remplies que je n'avais plus de temps à consacrer à mon blog), je reviens ! Je crois que ce blog sera comme cela, alternant des périodes d'écriture avec des périodes d'absence, en fonction de mes envies et de ma vie tout court.

Pour mon retour, voici une présentation du dernier thriller de Franck Thilliez, ATOM[KA].


Franck Sharko et Lucie Henebelle, deux flics de la police criminelle enquêtent sur un meurtre étrange : un journaliste est retrouvé mort dans un congélateur, d'autres personnes ont échappé de peu à la mort après être tombées dans des lacs gelés. L'enquête leur fera rencontrer un enfant malade dont les organes sont en très mauvais état. En parallèle, le passé de Sharko refait surface, quelqu'un a décidé de jouer avec lui une drôle de partie...

Habituée aux romans de Jean-Christophe Grangé, j'ai découvert avec ATOM[KA] Franck Thilliez et j'ai beaucoup aimé, le suspense est tel qu'il est difficile d'arrêter sa lecture, dès qu'un chapitre se termine, il est urgent de lire le suivant pour en savoir davantage ! De plus, l'auteur nous entraîne dans le monde de la recherche scientifique sur l'atome et sur l'histoire contemporaine (je ne veux pas en dire plus) ce qui est intéressant. L'auteur explique dans la "note au lecteur" à la fin du livre les recherches qu'il a effectuées pour ce roman ainsi que les difficultés qu'il a eu à poursuivre l'écriture en raison de l'actualité. Surtout, ne lisez cette note qu'après avoir terminé le roman !
En revanche j'ai moins aimé toutes les références aux anciens romans mettant en scène Sharko et Henebelle : en effet, il s'agit du premier roman de F.Thilliez que je lis et, même si ces références étaient parfaitement expliquées et ne m'ont pas du tout gênée dans la compréhension de l'histoire, je n'ai plus envie de lire ses anciens romans car j'ai l'impression d'en savoir trop maintenant (sur Suzanne, sur les filles de Lucie ...). En revanche, je lirai avec plaisir les prochains.

Voici un extrait tiré du chapitre 2, lors de la découverte du corps :
"Le corps masculin reposait au fond d'un grand congélateur vide, en sous-vêtements et recroquevillé. Les lèvres étaient bleues, la bouche grande ouverte, comme si l'homme avait cherché à crier une dernière fois. L'eau - des larmes ? - avaient gelé près des paupières. Les cheveux blonds étaient recouverts de givre. Quant à la peau, elle était quadrillée d'entailles, notamment au niveau des membres inférieurs.
A côté du corps, au fond du congélateur, se trouvaient une lampe torche ainsi que des vêtements empilés : un jean tailladé, une chemise ensanglantée, des chaussures et un pull. Sharko observa les traces pourpres, partout sur les parois, ce rouge saillant mêlé au blanc éclatant de la glace. Le flic imagina la victime essayant à tout prix de s'échapper, grattant et frappant la surface jusqu'à s'en abîmer les phalanges."

Pour finir, voici une vidéo de Grangé et Thilliez, ces deux auteurs très proches :