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vendredi 25 mars 2016
Invisible - Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini
Invisible fait partie d'une série de BD parue chez Gulf Stream Editeur dont le thème est l'adolescence et ses maux. Chaque BD s'intéresse à l'un des personnages d'une photo de classe.
Ici, nous suivons Marie, une collégienne mal dans sa peau : elle se trouve trop grosse, trop moche et se dévalorise systématiquement. Un jour, le garçon qu'elle aime en secret, Soan, s'intéresse à elle, elle va donc faire quelques efforts pour se valoriser mais ce n'est pas si facile et la réalité est souvent bien plus complexe qu'il n'y paraît...
Il s'agit d'une BD prenante, qui se lit d'une traite. Je me suis retrouvée en Marie et j'ai compris ce qu'elle pouvait ressentir à bien des égards... Charlotte Bousquet a su trouver les mots justes pour exprimer ce que vit une adolescente introvertie et n'ayant aucune confiance en elle. Quant à Stéphanie Rubini, elle nous offre des dessins dynamiques et nous fait comprendre en quelques coups de crayon quand Marie rougit et quand elle a envie de se cacher. La fin de cette histoire est brutale, on croit qu'une dernière planche va suivre, mais non ! Cela entraine chez le lecteur surpris une réflexion, des interrogations. C'est donc une BD à la fois agréable à lire et percutante, bravo à Charlotte Bousquet et Stéphanie Rubini. Un coup de cœur pour moi !
Voici les liens vers les site de Charlotte Bousquet , Stéphanie Rubini et l'éditeur Gulf Stream.
dimanche 20 mars 2016
Une bouteille dans la mer de Gaza - Valérie Zenatti
Pour mon retour sur la blogosphère après une absence d'un an, je vous présente un roman de littérature jeunesse paru en 2005 chez l'Ecole des Loisirs : Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti.
Tal est une jeune Israëlienne de 16 ans, le roman débute lors d'un attentat dans un café, juste en bas de son immeuble. La jeune fille ne comprend pas cette violence et décide d'écrire une lettre et de la glisser dans une bouteille. Elle demande à son frère Eytan, qui fait son service militaire dans la bande de Gaza, de jeter cette bouteille dans la mer, espérant que quelqu'un répondra à l'adresse mail qu'elle a laissée (bakbouk@hotmail.com). C'est un jeune Palestinien, qui se surnomme "Gazaman" qui répond. La suite du roman est constitué de l'échange épistolaire entre ces deux personnages qui, malgré le conflit qui oppose leurs peuples, malgré les attentats d'un côté, les bombardements de l'autre, malgré tout ce contexte très lourd et complexe, découvrent leur point commun : tous deux sont les victimes d'un conflit qu'ils n'ont pas choisi.
On pourrait s'attendre, avec le thème du conflit israélo-palestinien, à un roman bien-pensant, mièvre et insipide, or, ce n'est pas du tout le cas. Le personnage de Gazaman est complexe et son premier mail n'a rien de fade. Valérie Zenatti transporte son lecteur dans un univers dur et le fait passer des rires aux larmes avec beaucoup de finesse. Ce roman se lit rapidement, l'échange de mail rend la narration très dynamique. Non seulement on ne s'ennuie jamais, mais en plus, on apprend beaucoup de choses sur ce conflit (par exemple, je ne connaissais pas le terminal d'Erez etc.) Bien sûr, il ne s'agit pas d'un documentaire mais il n'empêche que ce livre est très bien documenté. Je conseille ce livre aux ados à partir de 12-13 ans mais aussi aux adultes, ce n'est pas parce que les héros sont jeunes qu'ils doivent attirer uniquement les lecteurs de leur âge.
Voici le début du premier mail que Gazaman envoie à Tal après avoir découvert la bouteille sur une plage de Gaza.
De : Gazaman@free.com
A : bakbouk@hotmail.com
Objet : (pas d'objet)
Salut,
Je te préviens d'emblée, je n'ai pas de longs cheveux bruns, des yeux noisette -des sourcils épilés aussi peut-être ? - et tout le tralala qui tartine la moitié de ta lettre. J'ai plutôt une moustache noire et des poils plein les jambes. Enfin, pour la moustache, je rigole, je l'ai rasée il y a quelques années, à cause des gens de ton peuple d'ailleurs...
Qu'est-ce que j'ai ri en lisant ta lettre ! A m'en tordre les côtes. Lance-toi dans le comique, tu es promise à une grande carrière, surtout du côté de Gaza !
Mademoiselle "bouteille pleine d'espoir dans un océan de haine", je t'informe que je suis un garçon, eh oui, quand on envoie une bouteille à la mer, il faut s'attendre à tout, y compris à ce que ce ne soit pas le destinataire de ses rêves qui la reçoive. D'ailleurs, si une fille l'avait trouvée, ta bouteille, elle en aurait certainement fait un bougeoir sans pouvoir lire ta jolie prose de fifille-à-son-papa toute pure et sensible. Les Palestiniennes ne parlent pas hébreu, ma vieille, en tout cas pas à Gaza. Tu n'imagines quand même pas qu'on nous enseigne la langue de l'ennemi en première langue avec grand contrôle à la fin de chaque trimestre et une préparation au bac où on étudierait vos auteurs ? Tu n'imagines pas qu'un gamin risquerait de recevoir une raclée de son père parce qu'il a eu zéro en hébreu ? Si moi je peux te lire, t'écrire, et même me foutre de ta gueule, c'est parce que j'ai été obligé d'apprendre l'hébreu, et j'ai même ...
Je n'ai pas envie de t'expliquer. Je te réponds parce que tu m'as fait passer un bon moment avec toutes tes histoires, tu n'écris pas trop mal. [...]
Ce très beau roman a été adapté au cinéma par Thierry Binisti. Malheureusement (et comme souvent), le film n'est pas à la hauteur du livre. Le personnage de Gazaman perd, à mon sens, tout son piquant et l'histoire a dû être modifiée pour des raisons techniques (pour pouvoir obtenir des subventions, il fallait que les personnages parlent français par moment, donc Tal devient une française installée récemment à Jérusalem avec ses parents et Gazaman décide de prendre des cours de français). Voici la bande-annonce de ce film décevant et peu fidèle au livre.
lundi 2 mars 2015
L'ami retrouvé - Fred Uhlman
Après Charlotte et Inconnu à cette adresse, nous terminons aujourd'hui notre parcours thématique sur la Seconde Guerre mondiale avec un dernier roman : L'ami retrouvé de Fred Uhlman
Ce court roman raconte une belle histoire d'amitié entre Hans, fils d'un médecin juif, et Conrad, jeune aristocrate protestant. Tout semble les opposer, mais une amitié très forte nait entre les deux garçons. Quand Hitler arrive au pouvoir, ils sont un peu inquiets mais n'en font pas grand cas, ce sont des affaires d'adultes. Mais, petit à petit, le nazisme se répand, leur belle et grande amitié sera-t-elle atteinte ?
Il s'agit encore d'un roman bien connu des collégiens, mais d'un abord un peu plus complexe qu'Inconnu à cette adresse. Les deux romans traitent de l'amitié mais d'une manière très différente : ici, ce n'est pas un roman épistolaire mais un roman à la première personne, nous adoptons donc le point de vue de Hans et ses interrogations deviennent les nôtres. L'écriture de Fred Uhlman est très élégante et pleine de références culturelles. Il s'agit donc d'une très belle lecture, un incontournable.
Voici les premières lignes :
"Il entra dans ma vie en février 1932 pour n'en jamais sortir. Plus d'un quart de siècle a passé depuis lors, plus de neuf mille journées fastidieuses et décousues, que le sentiments de l'effort ou du travail sans espérance contribuait à rendre vides, des années et des jours, nombre d'entre eux aussi morts que les feuilles desséchées d'un arbre mort.
Je puis me rappeler le jour et l'heure où, pour la première fois, mon regard se posa sur ce garçon qui allait devenir la source de mon plus grand bonheur et de mon plus grand désespoir. C'était deux jours après mon seizième anniversaire, à trois heures de l'après-midi, par une grise et sombre journée d'hiver allemand. J'étais au Karl Alexander Gymnasium à Stuttgart, le lycée le plus renommé du Wurtemberg, fondé en 1521, l'année où Luther parut devant Charles Quint, empereur du Saint Empire et roi d'Espagne."
Ce court roman raconte une belle histoire d'amitié entre Hans, fils d'un médecin juif, et Conrad, jeune aristocrate protestant. Tout semble les opposer, mais une amitié très forte nait entre les deux garçons. Quand Hitler arrive au pouvoir, ils sont un peu inquiets mais n'en font pas grand cas, ce sont des affaires d'adultes. Mais, petit à petit, le nazisme se répand, leur belle et grande amitié sera-t-elle atteinte ?
Il s'agit encore d'un roman bien connu des collégiens, mais d'un abord un peu plus complexe qu'Inconnu à cette adresse. Les deux romans traitent de l'amitié mais d'une manière très différente : ici, ce n'est pas un roman épistolaire mais un roman à la première personne, nous adoptons donc le point de vue de Hans et ses interrogations deviennent les nôtres. L'écriture de Fred Uhlman est très élégante et pleine de références culturelles. Il s'agit donc d'une très belle lecture, un incontournable.
Voici les premières lignes :
"Il entra dans ma vie en février 1932 pour n'en jamais sortir. Plus d'un quart de siècle a passé depuis lors, plus de neuf mille journées fastidieuses et décousues, que le sentiments de l'effort ou du travail sans espérance contribuait à rendre vides, des années et des jours, nombre d'entre eux aussi morts que les feuilles desséchées d'un arbre mort.
Je puis me rappeler le jour et l'heure où, pour la première fois, mon regard se posa sur ce garçon qui allait devenir la source de mon plus grand bonheur et de mon plus grand désespoir. C'était deux jours après mon seizième anniversaire, à trois heures de l'après-midi, par une grise et sombre journée d'hiver allemand. J'étais au Karl Alexander Gymnasium à Stuttgart, le lycée le plus renommé du Wurtemberg, fondé en 1521, l'année où Luther parut devant Charles Quint, empereur du Saint Empire et roi d'Espagne."
samedi 28 février 2015
Inconnu à cette adresse - Kressmann Taylor
Après Charlotte, restons dans le thème de la Seconde Guerre mondiale.
Inconnu à cette adresse est un roman court qui retrace l'échange épistolaire entre deux amis, Max, juif américain, et Martin, allemand, qui possédaient ensemble une galerie d'art aux Etats-Unis. Martin repart en Allemagne avec son épouse Elsa et ses enfants, nous sommes en 1932. Au départ, l'échange est cordial, mais dès 1933, Martin raconte à Max les événements qui se déroulent dans son pays et l'arrivée d'un certain Hitler au pouvoir...
Ce roman épistolaire très court est bien connu des collégiens. C'est un bijou. Il est à la fois très accessible et vivant, Kressmann Taylor a parfaitement su créer puis intensifier progressivement la tension dramatique, jusqu'à la chute, cinglante. La force de cette œuvre
réside dans la présence de deux points de vue : celui du juif qui, même s'il vit au Etats-Unis, sera touché par le nazisme, et celui de l'allemand, endoctriné et tellement centré sur lui-même qu'il finit par basculer.
Evidemment, c'est un coup de cœur !
Voici le début de la lettre écrite par Martin à Max en 1933, Hitler arrive au pouvoir. L'hésitation du personnage est palpable :
"Cher vieux Max,
Tu as certainement entendu parler de ce qui se passe ici, et je suppose que cela t'intéresse de savoir comment nous vivons les événements de l'intérieur. Franchement, Max, je crois qu'à nombre d'égards Hitler est bon pour l'Allemagne, mais je n'en suis pas sûr. Maintenant, c'est lui qui, de fait, est le chef du gouvernement. Je doute que Hindenburg lui-même puisse le déloger du fait qu'on l'a obligé à le placer au pouvoir. L'homme électrise littéralement les foules ; il possède une force que seul peut avoir un grand orateur doublé d'un fanatique. Mais je m'interroge : est-il complètement sain d'esprit ? Ses escouades en chemises brunes sont issues de la populace. Elles pillent, et elle ont commencé à persécuter les Juifs. Mais il ne s'agit peut-être là que d'incidents mineurs : la petite écume trouble qui se forme en surface quand bout le chaudron d'un grand mouvement. [...]"
Inconnu à cette adresse est un roman court qui retrace l'échange épistolaire entre deux amis, Max, juif américain, et Martin, allemand, qui possédaient ensemble une galerie d'art aux Etats-Unis. Martin repart en Allemagne avec son épouse Elsa et ses enfants, nous sommes en 1932. Au départ, l'échange est cordial, mais dès 1933, Martin raconte à Max les événements qui se déroulent dans son pays et l'arrivée d'un certain Hitler au pouvoir...
Ce roman épistolaire très court est bien connu des collégiens. C'est un bijou. Il est à la fois très accessible et vivant, Kressmann Taylor a parfaitement su créer puis intensifier progressivement la tension dramatique, jusqu'à la chute, cinglante. La force de cette œuvre
réside dans la présence de deux points de vue : celui du juif qui, même s'il vit au Etats-Unis, sera touché par le nazisme, et celui de l'allemand, endoctriné et tellement centré sur lui-même qu'il finit par basculer.
Evidemment, c'est un coup de cœur !
Voici le début de la lettre écrite par Martin à Max en 1933, Hitler arrive au pouvoir. L'hésitation du personnage est palpable :
"Cher vieux Max,
Tu as certainement entendu parler de ce qui se passe ici, et je suppose que cela t'intéresse de savoir comment nous vivons les événements de l'intérieur. Franchement, Max, je crois qu'à nombre d'égards Hitler est bon pour l'Allemagne, mais je n'en suis pas sûr. Maintenant, c'est lui qui, de fait, est le chef du gouvernement. Je doute que Hindenburg lui-même puisse le déloger du fait qu'on l'a obligé à le placer au pouvoir. L'homme électrise littéralement les foules ; il possède une force que seul peut avoir un grand orateur doublé d'un fanatique. Mais je m'interroge : est-il complètement sain d'esprit ? Ses escouades en chemises brunes sont issues de la populace. Elles pillent, et elle ont commencé à persécuter les Juifs. Mais il ne s'agit peut-être là que d'incidents mineurs : la petite écume trouble qui se forme en surface quand bout le chaudron d'un grand mouvement. [...]"
Le prochain billet sera consacré à L'Ami retrouvé, autre roman de littérature jeunesse qui reprend les même thèmes : l'amitié et la Seconde Guerre mondiale.
mardi 10 février 2015
Le rendez-vous de la petite souris - Christine Naumann Villemin et Marianne Barcilon
Grizzli est un chat de dentiste. Un jour, il perd une dent, il réalise alors que la petite souris va passer ! Miam miam ! il va pouvoir faire un bon repas ! Il décide donc de lui écrire une lettre pour lui demander de passer récupérer sa dent et lui promet être un chat gentil qui ne mange pas les souris. Cependant, la petite souris, nommée Léocadie Tagada, n'est pas sotte, elle lui envoie en réponse un courrier exprimant clairement son refus. Un échange épistolaire entre les deux personnages s'ensuit ...
Cet album est pour moi un coup de cœur ! Le texte de Christine Naumann Villemin est extrêmement drôle et les deux personnages sont bien campés. Léocadie est une souris qui exerce son métier avec beaucoup de professionnalisme et le chat Grizzli est un menteur qui fera tout pour parvenir à ses fins. En outre, les illustrations sont superbes : Léocadie vit dans un univers rose bonbon, le chat n'a pas une mine sympathique et surtout les lettres sont reproduites avec des écritures enfantines, sur du papier à carreaux pour le chat et sur du papier à lettre rose pour la souris.
Cet album plaira à coup sûr aux enfants en âge de connaître la petite souris mais aussi au parents tant le texte est agréable à lire et de qualité !
Voici deux pages de cet album :
lundi 2 février 2015
Le Maléfice égyptien – Lorris Murail
Charlène est une gentille jeune fille, adorable, serviable,
un amour … et c’est bien là le problème ! Elle est si gentille qu’elle
accepte de faire l’exposé à la place d’un garçon de sa classe. La raison de sa
gentillesse ? Elle se trouve trop grosse et pense que si elle avait dix
(ou plutôt quinze) kilo de moins, elle n’aurait pas besoin d’être gentille. Le
problème avec ce raisonnement idiot, c’est qu’il lui attire des ennuis. En
effet, pour faire l’exposé sur l’Egypte, qui, rappelons-le, était au départ
destiné à Raphaël, elle va se procurer
un masque égyptien doté d’un drôle de pouvoir magique …
Ce roman de littérature jeunesse est court (moins de 100
pages), très facile à lire, riche en rebondissements et bourré d’humour. Bref,
c’est un livre qui plaira sans aucun doute aux adolescentes, petites ou grandes
lectrices, qui pourront s’identifier à la gentille, trop gentille héroïne.
J’ai moi-même passé un excellent moment lors de ma lecture. Le maléfice égyptien est exactement le type de roman qui change les idées et qui détend !
J’ai moi-même passé un excellent moment lors de ma lecture. Le maléfice égyptien est exactement le type de roman qui change les idées et qui détend !
Voici les premières lignes :
"Gentille à ce point, c’est une vraie tare. Je ne me
souviens plus qui m’a dit ça, un jour. Peu importe. Je suis gentille parce que
je ne sais pas être autrement. Quand on est moche, faut être gentille. Moche ?
N’exagérons pas. En ai-je entendu parler de mes grands yeux bleus, de mes épais
cheveux blonds, de ma peau de pêche ! Mais y a toujours un mais.
Inaudible, bien sûr. Les gens bien élevés gardent leurs réflexions pour eux.
Seule une mère peut se permettre de glisser de temps en temps « Charlène,
tu devrais te surveiller. » Les autres ne finissent pas leurs phrases. La
fin, je l’entends quand même. Jolie, oui … avec dix kilos de moins. Ma balance,
elle, n’a aucune éducation. Aux dernières nouvelles, ce qu’elle me dit, ce n’est
pas dix. C’est plutôt quinze"samedi 31 janvier 2015
Le Royaume de Kensuké - Michael Morpurgo
Michael est un jeune garçon de 12 ans. Il mène une vie ordinaire avec ses parents, passionnés de navigation et sa chienne Stella Artois. Malheureusement, un jour, ses parents sont licenciés et ne retrouvent pas de travail. Son père a alors une idée : toute la petite famille embarque sur Peggy Sue, le bateau devient leur nouvelle maison. Tout se déroule pour le mieux dans cette nouvelle aventure, les personnages font escale en Afrique du Sud, en Australie... Cependant, une nuit, Michael passe par dessus-bord par accident avec sa chienne. Ils se retrouvent tous les deux sur une île en plein milieu de l'océan Pacifique... mais cette île n'est pas inhabitée : un vieux monsieur, Kensuké y réside ...
Ce roman de littérature jeunesse, destiné aux 10-14 ans, est à la fois un roman d'aventure et un roman initiatique. On y retrouve les motifs de la robinsonnade : une île perdue, la survie, la rencontre avec l'autre ...
J'ai beaucoup aimé cette lecture car non seulement l'intrigue est intéressante, mais l'écriture de Morpurgo est à la fois très claire, accessible aux enfants et adolescents mais elle est aussi très élégante . Ce sont, je pense, les ingrédients qui font qu'un roman de littérature jeunesse est de qualité.
Kensuké, le vieux monsieur japonais, a connu la Seconde Guerre Mondiale, son récit sur cette période de sa vie est à la fois pudique et émouvant. La fin du roman est, elle aussi très belle.
L'éditeur, Gallimard, collection Folio junior, a réalisé une très belle édition de l'ouvrage : tout d'abord, le papier glacé contribue à rendre la lecture agréable, de plus, François Place a réalisé de magnifiques illustrations.
Il s'agissait pour moi du premier roman de Michael Morpurgo que je lisais, j'ai très envie maintenant de découvrir ses autres œuvres comme L'Etonnante histoire d'Adolphus Tips.
Voici un extrait du roman, Michael vient de tomber à l'eau :
"Des vagues de terreur m'envahirent les unes après les autres. Les lumières de la Peggy Sue avaient disparu dans l'obscurité de la nuit, me laissant seul dans l'océan, seul avec la certitude que mes parents étaient déjà trop loin, qu'ils ne pourraient plus entendre mes appels au secours. Puis je pensai aux requins qui fendaient l'eau noire, en dessous de moi - ils me flairaient déjà, étaient sur mes traces, se dirigeaient vers moi - et je compris qu'il ne me restait aucun espoir. Je serais mangé vivant. Ou bien je coulerais lentement. Rien ne pourrait me sauver.
Je fis du surplace dans l'eau, essayant désespérément de découvrir dans l'obscurité impénétrable une chose vers laquelle nager. Il n'y avait rien."
dimanche 7 décembre 2014
Marcovaldo ou les saisons en ville - Italo Calvino
Marcovaldo est manœuvre, il vit dans le nord de l'Italie avec sa femme et ses enfants dans un grande ville. Nous sommes dans les années 1950-1960. Le problème, c'est que Marcovaldo déteste la vie urbaine, il préfère la nature et est toujours à l'affut de champignons, bécasses au milieu de ce paysage gris et anguleux. Ce recueil de 20 nouvelles retrace les aventures souvent très drôles de Marcovaldo. Ce personnage tantôt naïf, tantôt maladroit est très attachant. De plus, l'écriture d'Italo Calvino réussit le tour de force d'être à la fois poétique mais en même temps très accessible. C'est un recueil que l'on peut apprécier à partir de 10-12 ans je pense. Les plus grand pourront percevoir une critique de la vie en ville dans laquelle les hommes, privés de la nature vivent dans l'ennui et la frustration.
Dans la première nouvelle, Marcovaldo découvre de minuscule champignon sur le bitume. Il n'en croit pas ses yeux et espère qu'ils vont grossir afin d'en faire un bon repas pour sa famille...
Voici les premières lignes de cette nouvelle :
" Printemps
1. Des champignon en ville
Un jour, sur le bord de la plate-bande d'une avenue de la ville, tomba, on ne sait d'où, une volée de spores ; et des champignon y germèrent. Personne ne s'en aperçut, sauf le manœuvre Marcovaldo qui, chaque matin, prenait justement le tram à cet endroit-là."
Italo Calvino (1923-1985) est un auteur italien, romancier et fabuliste. Il a fait partie de l'OuLiPo et s'est essayé au fantastique. Il a aussi rédigé des ouvrages de théorie littéraire.
lundi 24 novembre 2014
Calme et attentif comme une grenouille - Eline Snel
Il ne s'agit pas d'un roman donc je vais parler aujourd'hui mais d'un livre qui explique aux parents les bienfaits de la méditations pour leurs enfants. On y trouve des explications très claires ainsi qu'un CD avec des séances très courtes d'exercices de 4 à 10 minutes adaptés aux enfants de 5 à 12 ans.
Etant en train de me former moi-même à la sophrologie, j'ai sauté sur ce livre, telle une grenouille, quand je l'ai vu dans ma librairie. J'étais justement à la recherche d'exercices adaptés à ma fille qui a 5 ans. J'ai été conquise ... et elle aussi !
Tout d'abord, le livre : il est très clair, limpide. L'auteure, thérapeute originaire des Pays-Bas et formatrice pour psychologues et instituteurs, nous explique ce qu'est la pleine conscience et pourquoi la pratique de la pleine conscience est bénéfique pour nos enfants et pour nous. Elle nous donne une foule de conseils pour la maison, pour que nos enfants soient attentifs, pour les aider à gérer leurs émotions etc. Ce que j'ai vraiment apprécié est qu'elle s'exprime dans un langage simple, accessible et cela rend la lecture de cet ouvrage très agréable.
Maintenant, le CD : c'est Sara Giraudeau qui a prêté sa voix ... j'adore cette voix douce, féminine et enfantine à la fois, on ne peut que se détendre en l'écoutant. J'ai fait plusieurs exercices avec ma Choupette. Nous nous installons dans sa chambre, nous nous laissons guider, toutes les deux et sa marche ! Nous nous sentons tantôt calmes comme des grenouilles tantôt toutes molles comme des spaghetti. Un jour, j'ai même surpris ma fille se mettre le CD pour elle toute seule dans sa chambre et faire un exercice !
Bref, si vous avez un enfant entre 5 et 12 ans, qu'il soit stressé, agité ou non, faites-lui ce beau cadeau, comme l'écrit Christophe André dans la préface, il s'en servira toute sa vie !
Vous pouvez visiter la page Facebook du livre.
Voici un extrait du livre :
"Qu'est-ce que la pleine conscience ?
La "pleine conscience", c'est simplement être présent de façon consciente, comprendre ce qui se passe maintenant, en adoptant une attitude d'ouverture et de bienveillance. Etre présent ici, dans l'instant, sans juger, sans rejeter ce qui se passe maintenant, être dans l'ici et maintenant.
Et voici un extrait du CD pour apprendre à méditer comme une grenouille, écoutez et testez, je suis sûre que vous allez être conquis!
Etant en train de me former moi-même à la sophrologie, j'ai sauté sur ce livre, telle une grenouille, quand je l'ai vu dans ma librairie. J'étais justement à la recherche d'exercices adaptés à ma fille qui a 5 ans. J'ai été conquise ... et elle aussi !
Tout d'abord, le livre : il est très clair, limpide. L'auteure, thérapeute originaire des Pays-Bas et formatrice pour psychologues et instituteurs, nous explique ce qu'est la pleine conscience et pourquoi la pratique de la pleine conscience est bénéfique pour nos enfants et pour nous. Elle nous donne une foule de conseils pour la maison, pour que nos enfants soient attentifs, pour les aider à gérer leurs émotions etc. Ce que j'ai vraiment apprécié est qu'elle s'exprime dans un langage simple, accessible et cela rend la lecture de cet ouvrage très agréable.
Maintenant, le CD : c'est Sara Giraudeau qui a prêté sa voix ... j'adore cette voix douce, féminine et enfantine à la fois, on ne peut que se détendre en l'écoutant. J'ai fait plusieurs exercices avec ma Choupette. Nous nous installons dans sa chambre, nous nous laissons guider, toutes les deux et sa marche ! Nous nous sentons tantôt calmes comme des grenouilles tantôt toutes molles comme des spaghetti. Un jour, j'ai même surpris ma fille se mettre le CD pour elle toute seule dans sa chambre et faire un exercice !
Bref, si vous avez un enfant entre 5 et 12 ans, qu'il soit stressé, agité ou non, faites-lui ce beau cadeau, comme l'écrit Christophe André dans la préface, il s'en servira toute sa vie !
Vous pouvez visiter la page Facebook du livre.
Voici un extrait du livre :
"Qu'est-ce que la pleine conscience ?
La "pleine conscience", c'est simplement être présent de façon consciente, comprendre ce qui se passe maintenant, en adoptant une attitude d'ouverture et de bienveillance. Etre présent ici, dans l'instant, sans juger, sans rejeter ce qui se passe maintenant, être dans l'ici et maintenant.
Si vous êtes présent à ce que vous vivez au moment où vous vous levez le matin, lorsqu'on vous demande quelque chose, lorsque vous remarquez le moindre sourire de vos enfants ou que vous participez aux petits et aux grands conflits, alors vous n'êtes pas dans vos idées, vous êtes ici. De cette façon, vous économisez votre énergie, vous voyez ce qui ce passe pendant que cela se passe. Cette présence consciente et bienveillante génère des changements dans votre attitude et vos comportements, envers vous-même et envers vos enfants. Cela se réalise plus ou moins spontanément. Cela vient de l'intérieur, sans qu'il soit besoin d'agir."
Et voici un extrait du CD pour apprendre à méditer comme une grenouille, écoutez et testez, je suis sûre que vous allez être conquis!
vendredi 27 septembre 2013
6000 nuits - Alain Borbé
L'histoire se situe à Boucainvillier, ville dans laquelle un dictateur, le Commandeur, a interdit la lecture. Esther, jeune fille qui habite cette ville, a un secret : elle est insomniaque. Evidemment, il ne s'agit pas de la petite insomnie banale que vous connaissez peut-être (moi, non ! mais ce n'est pas le sujet...) Bref, cette jeune fille n'a jamais fermé l'œil de sa vie !
Son oncle vient d'être emprisonné pour ne pas avoir respecté le couvre feu et il arrive à lui donner un carnet contenant des inscriptions étranges. Ce n'est pas tout, il lui dit de se rendre dans un quartier mal famé car quelque chose l'attend là-bas... Elle rencontre alors une société secrète, les Bienveillants et découvre pourquoi elle ne dort pas...
Ce roman pour la jeunesse (à partir de 13 ans) m'a beaucoup plu. L'écriture de l'auteur est fluide et agréable à lire. D'habitude, je n'aime pas les histoires fantastiques mais là, André Borbé a su me faire dépasser mes apriori : son histoire est prenante et même si le monde qui évolue sous nos yeux n'a rien de réel, j'ai été séduite. J'ai aussi beaucoup aimé le personnage d'Ester, sans mauvais jeu de mots, ses insomnies m'ont fait rêver !
Ce roman est un hommage au monde de l'écriture et de la lecture. Tout d'abord, le nom de la ville Boucainvillier est particulièrement bien choisi. De plus, la lecture et l'écriture sont les thèmes centraux de l'œuvre, de quoi réjouir les amoureux de littérature !
Il s'agit donc d'un roman que je recommande vivement, quel que soit votre âge à partir de 13 ans, vous passerez un très agréable moment.
J'ai lu ce livre dans le cadre du Prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie.
Voici les premières lignes du roman :
« Marthe déposa son plumeau et ajusta la pile de livres posée au pied du petit bureau. Elle porta la main à son dos en poussant un soupir de soulagement. Elle aimait finir le ménage par cette pièce. Il n’y avait pas grand-chose à ranger dans la chambre d’Esther. Le lit jamais défait, l’oreiller sans un pli, les rideaux toujours maintenus dans leurs cordons de velours. Et pour cause, Esther ne dormait pas dans son lit. Ni dans aucun autre d’ailleurs. À l’âge de seize ans, elle n’avait encore jamais fermé l’œil de la nuit. »
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Qui est André Borbé ?
André Borbé, l'auteur belge de ce roman, est ce que l'on peut appeler un artiste complet : non seulement il est écrivain, 6000 nuits est son deuxième roman (son premier s'intitule Le secret des brumes et est paru en 2007) mais il est aussi auteur-compositeur-interprète. Il a pendant longtemps chanté pour les enfants mais il chante aussi maintenant pour les adultes. Si vous souhaitez faire plus ample connaissance avec lui, voici son site internet.
Son oncle vient d'être emprisonné pour ne pas avoir respecté le couvre feu et il arrive à lui donner un carnet contenant des inscriptions étranges. Ce n'est pas tout, il lui dit de se rendre dans un quartier mal famé car quelque chose l'attend là-bas... Elle rencontre alors une société secrète, les Bienveillants et découvre pourquoi elle ne dort pas...
Ce roman pour la jeunesse (à partir de 13 ans) m'a beaucoup plu. L'écriture de l'auteur est fluide et agréable à lire. D'habitude, je n'aime pas les histoires fantastiques mais là, André Borbé a su me faire dépasser mes apriori : son histoire est prenante et même si le monde qui évolue sous nos yeux n'a rien de réel, j'ai été séduite. J'ai aussi beaucoup aimé le personnage d'Ester, sans mauvais jeu de mots, ses insomnies m'ont fait rêver !
Ce roman est un hommage au monde de l'écriture et de la lecture. Tout d'abord, le nom de la ville Boucainvillier est particulièrement bien choisi. De plus, la lecture et l'écriture sont les thèmes centraux de l'œuvre, de quoi réjouir les amoureux de littérature !
Il s'agit donc d'un roman que je recommande vivement, quel que soit votre âge à partir de 13 ans, vous passerez un très agréable moment.
J'ai lu ce livre dans le cadre du Prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie.
Voici les premières lignes du roman :
« Marthe déposa son plumeau et ajusta la pile de livres posée au pied du petit bureau. Elle porta la main à son dos en poussant un soupir de soulagement. Elle aimait finir le ménage par cette pièce. Il n’y avait pas grand-chose à ranger dans la chambre d’Esther. Le lit jamais défait, l’oreiller sans un pli, les rideaux toujours maintenus dans leurs cordons de velours. Et pour cause, Esther ne dormait pas dans son lit. Ni dans aucun autre d’ailleurs. À l’âge de seize ans, elle n’avait encore jamais fermé l’œil de la nuit. »
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Qui est André Borbé ?
André Borbé, l'auteur belge de ce roman, est ce que l'on peut appeler un artiste complet : non seulement il est écrivain, 6000 nuits est son deuxième roman (son premier s'intitule Le secret des brumes et est paru en 2007) mais il est aussi auteur-compositeur-interprète. Il a pendant longtemps chanté pour les enfants mais il chante aussi maintenant pour les adultes. Si vous souhaitez faire plus ample connaissance avec lui, voici son site internet.
mercredi 4 septembre 2013
J'ai pas sommeil ! - Jane Chapman
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C'est l'heure de dormir, Grand-mère hibou va coucher son petit Théo tout en haut de l'arbre. Mais voilà, Théo n'a pas sommeil, il veut jouer, il ne cesse donc de déranger sa Grand-mère qui aimerait bien lire un peu... Finalement, Grand-mère lui propose un jeu original : c'est elle qui va au lit et Théo qui s'occupe de la coucher ! L'effet escompté se produit enfin : le petit hibou tombe de sommeil et réclame (enfin !) d'aller dormir.

L'histoire de cet album est amusante, la pauvre Grand-mère n'arrive pas à lire son livre et le petit Théo reste malgré tout craquant.
Les illustrations sont très belles, les pages sont entièrement colorées et la typographie épouse parfois le dessin.
Ma choupette aime bien cet album, surtout le passage où Grand-mère chatouille Théo, parce qu'elle aussi a droit à ses chatouilles à ce moment de l'histoire !
13ème lecture pour le challenge "Je lis aussi des album" de Hérisson
mercredi 28 août 2013
Une fois encore - Emily Gravett
L'album que ma Choupette et moi vous présentons aujourd'hui est anglais, il s'intitule Une fois encore ! et est remarquable par son originalité.Il s'agit de l'histoire d'un petit dragon qui ne veut pas dormir et qui, comme souvent, demande à la maman de lui lire "une fois encore" son histoire préférée. La mère qui (comme souvent aussi...) tombe de sommeil, cède à son fiston et lui lit son histoire au total quatre fois, et pour notre plus grand plaisir, nous lisons avec elle cette histoire : la première fois, elle lui lit l'histoire normalement, la deuxième et la troisième fois, elle l'abrège (que celle qui ne l'a jamais fait se manifeste !) et la quatrième fois, elle s'endort sur le livre ce qui donne "Cédric le dragon n'est plus rouge. Cédric ... le dragon ... endormi ... dans ... son ... lit ... zzz zzzzzz zzzzzz zzzzzz"
Evidemment, le petit dragon proteste : "Encore, encore encore !!!!", mais rien à faire, sa pauvre mère ne se réveille pas... du coup, comme, ne l'oublions pas, il s'agit d'un dragon, il crache du feu de colère ce qui a pour conséquence ... de brûler le livre de votre enfant !!!! Voyez plutôt :
12ème lecture du Challenge "Je lis aussi des album" de Hérisson
samedi 24 août 2013
Contes sur eux pour grandir - Stéphanie Ledu
Conte sur eux pour grandir est un album des éditions "Le vengeur masqué" qui regroupe neuf contes classiques : Blanche-Neige, Boucle d'or et les 3 ours, Cendrillon, Le Petit Chaperon rouge, Le Chat botté, Le Garçon qui criait au loup, Le Petit Poucet, La Princesse au petit pois et Le Vilain Petit Canard.
Les contes sont réécris par Stéphanie Ledu dans un langage clair et accessible aux enfants. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'elle ait utilisé les versions littéraires des contes (c'est-à-dire les textes de Grimm, Perrault, Andersen ou même Esope) et pas les versions de Walt Disney que nous connaissons tous (attention, je n'ai absolument rien contre Walt Disney, bien au contraire, mais je pense que d'un point de vue culturel, il est bon de connaitre les "vraies" versions avant celles de la télévision). Saviez-vous par exemple que dans la version de Grimm, la belle-mère de Blanche Neige se présente au total trois fois devant la jeune fille pour la tuer ? La première fois elle est déguisée en marchande et l'étouffe avec un lacet, la deuxième fois elle cherche à lui vendre un peigne empoisonné et la troisième fois est l'épisode de la pomme que nous connaissons tous.
J'ai aussi beaucoup apprécié la note de l'éditeur qui explique aux parents l'importance des contes et qui fait référence à B. Bettelheim (Psychanalyse des contes de fée, un livre passionnant !). De même, on trouvera aussi à la fin de l'album une petite présentation des auteurs que l'on peut lire aux plus grands, elles sont courtes et très abordables pour les enfants.
Les illustrations sont belles et amusantes, le style varie tout au long de l'album car cinq illustrateurs se sont partagé le travail, notez la touche d'humour dans la liste : Géraldine Cosneau, Amélie Falière, Laure du Faÿ, Colonel Moutarde et Marion Piffaretti.
Le conte préféré de ma Choupette est La Princesse au petit pois, il faut dire qu'en ce moment, elle adore tout ce qui a un rapport avec les princesses !
L'éditeur conseille ce livre à partir de 3 ans, je pense que c'est peut-être un peu jeune car certains contes, comme Le Petit Poucet ou Blanche-Neige peuvent créer des peurs trop importantes. 4 ans me semble le minimum. Ma choupette a 4 ans et demi et je ne pense pas qu'elle aurait apprécié ces histoires à 3 ans.
Les contes sont réécris par Stéphanie Ledu dans un langage clair et accessible aux enfants. J'ai beaucoup apprécié le fait qu'elle ait utilisé les versions littéraires des contes (c'est-à-dire les textes de Grimm, Perrault, Andersen ou même Esope) et pas les versions de Walt Disney que nous connaissons tous (attention, je n'ai absolument rien contre Walt Disney, bien au contraire, mais je pense que d'un point de vue culturel, il est bon de connaitre les "vraies" versions avant celles de la télévision). Saviez-vous par exemple que dans la version de Grimm, la belle-mère de Blanche Neige se présente au total trois fois devant la jeune fille pour la tuer ? La première fois elle est déguisée en marchande et l'étouffe avec un lacet, la deuxième fois elle cherche à lui vendre un peigne empoisonné et la troisième fois est l'épisode de la pomme que nous connaissons tous.
J'ai aussi beaucoup apprécié la note de l'éditeur qui explique aux parents l'importance des contes et qui fait référence à B. Bettelheim (Psychanalyse des contes de fée, un livre passionnant !). De même, on trouvera aussi à la fin de l'album une petite présentation des auteurs que l'on peut lire aux plus grands, elles sont courtes et très abordables pour les enfants.
Les illustrations sont belles et amusantes, le style varie tout au long de l'album car cinq illustrateurs se sont partagé le travail, notez la touche d'humour dans la liste : Géraldine Cosneau, Amélie Falière, Laure du Faÿ, Colonel Moutarde et Marion Piffaretti.
Le conte préféré de ma Choupette est La Princesse au petit pois, il faut dire qu'en ce moment, elle adore tout ce qui a un rapport avec les princesses !
L'éditeur conseille ce livre à partir de 3 ans, je pense que c'est peut-être un peu jeune car certains contes, comme Le Petit Poucet ou Blanche-Neige peuvent créer des peurs trop importantes. 4 ans me semble le minimum. Ma choupette a 4 ans et demi et je ne pense pas qu'elle aurait apprécié ces histoires à 3 ans.
11ème lecture pour le challenge "Je lis aussi des album" de Hérisson
vendredi 23 août 2013
No et moi - Delphine de Vigan
Lou Bertignac a 13 ans, elle est au lycée, c'est une jeune fille surdouée. Un jour, son professeur, le terrible M. Marin lui demande le sujet de son prochain exposé : elle choisit de parler des femmes SDF. C'est ainsi qu'elle rencontre No, une jeune fille à peine plus âgée qu'elle. Elles deviennent amie et Lou décide de la sauver.
J'ai découvert Delphine de Vigan avec Rien ne s'oppose à la nuit que j'ai adoré, j'avais donc très envie de lire autre chose d'elle. Eh bien je n'ai pas été déçue, No et moi est un très beau roman.
Tout d'abord, les personnages ont tous une personnalité intéressante et subtile. No a un vécu difficile, son enfance est terrible mais l'auteure ne la décrit pas d'une manière manichéenne, ce personnage a ses qualités et ses défauts. De même, Lou est une jeune fille surdouée mais on ne tombe jamais dans le cliché, elle est aussi idéaliste (son professeur dira "utopiste") et j'ai eu envie de rêver avec elle d'un monde meilleur. Les relations entre Lou et sa mère sont complexes, cette dernière a perdu un bébé quand Lou était petite fille et ne s'en est pas remise. Même si la situation est différente de celle que l'on rencontre dans Rien ne s'oppose à la nuit, on peut constater que les relations mère-fille sont chères à l'auteure. Ici, elles sont complexe car la mère de Lou est tombée dans une grave dépression et la jeune fille, fatalement, se sent mal aimée par sa mère car celle-ci ne pense qu'à l'enfant décédé.
L'écriture de Delphine de Vigan est fluide et très agréable à lire. Lou est la narratrice, ce qui nous permet de partager ses joies et ses déceptions. Bien que ce soit une adolescente qui raconte, l'écriture est élégante et peu familière, c'est une chose que j'ai beaucoup apprécié car je déteste l'utilisation à outrance du langage familier en littérature (et même de manière générale...)
Il s'agit donc du deuxième livre que je lis de cette auteure et c'est encore un coup de cœur pour moi.
Voici un extrait situé au début du roman, Lou vient de faire la connaissance de No :
"Depuis toute la vie je me suis toujours sentie en dehors, où que je sois, en dehors de l'image, de la conversation, en décalage, comme si j'étais seule à entendre les bruits ou des paroles que les autres ne perçoivent pas, et sourde aux mots qu'ils semblent entendre, comme si j'étais hors du cadre, de l'autre côté d'une vitrine immense et invisible.
Pourtant, hier, j'étais là, avec elle, on aurait pu j'en suis sûre dessiner un cercle autour de nous, un cercle dont je n'étais pas exclue, un cercle qui nous enveloppait, et qui, pour quelques minutes, nous protégeait du monde."
Ce roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma par Zabou Breitman, je ne l'ai pas encore vue mais j'ai tellement aimé le livre que je suis maintenant tentée de voir si le film est à la hauteur... En tout cas, la bande annonce est alléchante...
J'ai découvert Delphine de Vigan avec Rien ne s'oppose à la nuit que j'ai adoré, j'avais donc très envie de lire autre chose d'elle. Eh bien je n'ai pas été déçue, No et moi est un très beau roman.
Tout d'abord, les personnages ont tous une personnalité intéressante et subtile. No a un vécu difficile, son enfance est terrible mais l'auteure ne la décrit pas d'une manière manichéenne, ce personnage a ses qualités et ses défauts. De même, Lou est une jeune fille surdouée mais on ne tombe jamais dans le cliché, elle est aussi idéaliste (son professeur dira "utopiste") et j'ai eu envie de rêver avec elle d'un monde meilleur. Les relations entre Lou et sa mère sont complexes, cette dernière a perdu un bébé quand Lou était petite fille et ne s'en est pas remise. Même si la situation est différente de celle que l'on rencontre dans Rien ne s'oppose à la nuit, on peut constater que les relations mère-fille sont chères à l'auteure. Ici, elles sont complexe car la mère de Lou est tombée dans une grave dépression et la jeune fille, fatalement, se sent mal aimée par sa mère car celle-ci ne pense qu'à l'enfant décédé.
L'écriture de Delphine de Vigan est fluide et très agréable à lire. Lou est la narratrice, ce qui nous permet de partager ses joies et ses déceptions. Bien que ce soit une adolescente qui raconte, l'écriture est élégante et peu familière, c'est une chose que j'ai beaucoup apprécié car je déteste l'utilisation à outrance du langage familier en littérature (et même de manière générale...)
Il s'agit donc du deuxième livre que je lis de cette auteure et c'est encore un coup de cœur pour moi.
Voici un extrait situé au début du roman, Lou vient de faire la connaissance de No :
"Depuis toute la vie je me suis toujours sentie en dehors, où que je sois, en dehors de l'image, de la conversation, en décalage, comme si j'étais seule à entendre les bruits ou des paroles que les autres ne perçoivent pas, et sourde aux mots qu'ils semblent entendre, comme si j'étais hors du cadre, de l'autre côté d'une vitrine immense et invisible.
Pourtant, hier, j'étais là, avec elle, on aurait pu j'en suis sûre dessiner un cercle autour de nous, un cercle dont je n'étais pas exclue, un cercle qui nous enveloppait, et qui, pour quelques minutes, nous protégeait du monde."
Ce roman a fait l'objet d'une adaptation au cinéma par Zabou Breitman, je ne l'ai pas encore vue mais j'ai tellement aimé le livre que je suis maintenant tentée de voir si le film est à la hauteur... En tout cas, la bande annonce est alléchante...
samedi 13 juillet 2013
Roucoule est amoureuse - Karine Laurent et Stéphanie Alastra
Pour la dixième lecture dans le cadre du challenge "Je lis aussi des album" de Hérisson, ma choupette et moi vous présentons Roucoule est amoureuse de Karine Laurent et Stéphanie Alastra dans la collection "Mes p'tits albums" aux éditions Auzou que j'aime beaucoup.
Il s'agit d'un très bel album qui traite de la différence à travers une histoire d'amour touchante. Les illustrations très colorées humoristiques sont aussi très belles. Ma choupette et moi aimons beaucoup cet album.
vendredi 28 juin 2013
Bacha Posh - Charlotte Erlih
Nous partons avec ce roman en Afghanistan. Farroukh et sa bande d'amis rêvent de concourir aux jeux olympiques pour l'épreuve d'aviron et représenter leur pays. Ils s'entrainent avec leurs moyens modestes. Maude, une française, vient les aider à atteindre leur but, mais, étant une femme, l'équipe de garçons l'accepte difficilement. Progressivement, on devine que Farroukh est en réalité une fille, elle est une "bacha poch", c'est-à-dire une fille élevée comme un fils dans les familles qui n'en ont pas. Elle grandit, à la puberté, elle doit redevenir une femme et porter une burqa. On comprend bien que changer de statut, passer de la liberté à la soumission va être très difficile pour Farroukh qui va faire tout son possible pour résister.
Il s'agit d'un roman faisant partie de la sélection pour le prix des collégiens de Haute-Savoie.
J'ai eu un grand coup de cœur pour ce roman de qualité. Il est publié dans une collection jeunesse (actes sud junior) mais les adultes peuvent y trouver leur compte car les mièvreries que l'on rencontre malheureusement souvent dans ces romans sont ici absentes. L'intrigue est passionnante, à aucun moment je ne me suis doutée de la manière dont allaient évoluer les événements. Tout au long de l'intrigue je me demandais si Farrukh, qui en réalité s'appelle Farrukhza, allait parvenir à échapper au destin qu'on lui a tracé et si ses amis allaient un jour découvrir la vérité. La fin m'a beaucoup émue.
A partir de la deuxième partie, le roman alterne le récit à la troisième personne et le journal intime de Farroukhza, non seulement cela rythme le récit mais cela nous permet aussi de comprendre ce que peut penser ce personnage dans cette période particulièrement éprouvante de sa vie.
Le père de Farroukh est un féru de littérature française, les références aux œuvres de notre patrimoine sont donc nombreuses, je pense par exemple à La Promesse de l'aube. Les livres ont leur importance dans l'intrigue, une amoureuse des livres comme moi ne peut être que comblée. La réflexion finale sur la littérature m'a touchée, je ne peux pas la révéler mais en voici une autre que j'ai beaucoup aimée, elle se trouve dans le journal de l'héroïne : "Les livres ne parlent que de ça : de ceux qui se battent jusqu'à faire triompher leurs désirs, de ceux qui, malgré leurs efforts, ne réussissent pas à faire plier la réalité, ou de ceux qui baissent les bras sans lutter. De ces trois catégories, les seuls vraiment malheureux sont ceux qui n'essaient pas. Qui renoncent. Qui subissent."
De plus, cette lecture m'a fait voyager en Afghanistan, j'avais l'impression d'y être réellement, de partager le quotidien des Afghans car l'auteure nous parle de ce pays avec une grande intelligence. Elle a su éviter les clichés et quand elle décrit la condition des femmes, l'écriture reste sobre, les faits sont condamnable d'eux-mêmes, inutile de jouer dans le pathos car la force du discours vient de la simplicité. Il est extrêmement difficile de traiter ce sujet mais Charlotte Erlih y parvient avec une grande finesse. J'ignorai l'existence du phénomène des Bacha Posh, cette lecture est donc très instructive et permet de réfléchir.
Enfin, l'écriture est fine, fluide, agréable à lire elle contribue à rendre ce roman un bijou ! Quel que soit votre âge, je ne peux que vous encourager à le lire.
Voici un extrait situé dans le troisième chapitre, on peut percevoir l'amitié entre Farrukh et Sohrab ainsi que la sensibilité de la jeune fille déguisée :
"Accroupi derrière le métier à tisser, Farrukh noue les franges d'un tapis qu'il vient d'achever. La base du kilim est d'un rouge sang, que rehaussent des motifs géométriques aux teintes plus vives - orange, jaune, vert et blanc. A la vue de cette pièce délicate, Sohrab siffle, admiratif. Tentant de dissimuler le rose qui lui monte aux joues, Farrukh se penche pour rouler le tapis.
Quelques instants plus tard, les deux amis ont quitté la boutique de Malyar. Le tapis sous le bras, ils slaloment entre les Kaboulis qui s'empressent de regagner leur domicile avant le couvre-feu. Le labyrinthe du quartier commerçant n'a pas de secret pour eux, et ils progressent avec assurance dans ce dédale de poussière ocre."
Il s'agit d'un roman faisant partie de la sélection pour le prix des collégiens de Haute-Savoie.
J'ai eu un grand coup de cœur pour ce roman de qualité. Il est publié dans une collection jeunesse (actes sud junior) mais les adultes peuvent y trouver leur compte car les mièvreries que l'on rencontre malheureusement souvent dans ces romans sont ici absentes. L'intrigue est passionnante, à aucun moment je ne me suis doutée de la manière dont allaient évoluer les événements. Tout au long de l'intrigue je me demandais si Farrukh, qui en réalité s'appelle Farrukhza, allait parvenir à échapper au destin qu'on lui a tracé et si ses amis allaient un jour découvrir la vérité. La fin m'a beaucoup émue.
A partir de la deuxième partie, le roman alterne le récit à la troisième personne et le journal intime de Farroukhza, non seulement cela rythme le récit mais cela nous permet aussi de comprendre ce que peut penser ce personnage dans cette période particulièrement éprouvante de sa vie.
Le père de Farroukh est un féru de littérature française, les références aux œuvres de notre patrimoine sont donc nombreuses, je pense par exemple à La Promesse de l'aube. Les livres ont leur importance dans l'intrigue, une amoureuse des livres comme moi ne peut être que comblée. La réflexion finale sur la littérature m'a touchée, je ne peux pas la révéler mais en voici une autre que j'ai beaucoup aimée, elle se trouve dans le journal de l'héroïne : "Les livres ne parlent que de ça : de ceux qui se battent jusqu'à faire triompher leurs désirs, de ceux qui, malgré leurs efforts, ne réussissent pas à faire plier la réalité, ou de ceux qui baissent les bras sans lutter. De ces trois catégories, les seuls vraiment malheureux sont ceux qui n'essaient pas. Qui renoncent. Qui subissent."
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| Une Bacha Posh afghane |
Enfin, l'écriture est fine, fluide, agréable à lire elle contribue à rendre ce roman un bijou ! Quel que soit votre âge, je ne peux que vous encourager à le lire.
Voici un extrait situé dans le troisième chapitre, on peut percevoir l'amitié entre Farrukh et Sohrab ainsi que la sensibilité de la jeune fille déguisée :
"Accroupi derrière le métier à tisser, Farrukh noue les franges d'un tapis qu'il vient d'achever. La base du kilim est d'un rouge sang, que rehaussent des motifs géométriques aux teintes plus vives - orange, jaune, vert et blanc. A la vue de cette pièce délicate, Sohrab siffle, admiratif. Tentant de dissimuler le rose qui lui monte aux joues, Farrukh se penche pour rouler le tapis.
Quelques instants plus tard, les deux amis ont quitté la boutique de Malyar. Le tapis sous le bras, ils slaloment entre les Kaboulis qui s'empressent de regagner leur domicile avant le couvre-feu. Le labyrinthe du quartier commerçant n'a pas de secret pour eux, et ils progressent avec assurance dans ce dédale de poussière ocre."
mercredi 26 juin 2013
Le coeur n'est pas un genou que l'on peut plier - Sabine Panet et Pauline Penot
Ce roman jeunesse raconte l'histoire d'une famille d'origine sénégalaise. Ernestine est en 6e, sa classe présente à un concours une représentation de L'Ecole des Femmes de Molière, et sa grande sœur Awa est en 1eS et s'apprête à passer son épreuve de français au baccalauréat. L'été approche et les parents préparent une très mauvaise surprise pour Awa : ils ont prévu de l'emmener au Sénégal pour la marier. Evidemment, la jeune fille a construit toute sa vie ici, en France, elle a des amis, des projets et ne se voit pas mariée à 16 ans, qui plus est avec un homme qu'elle ne connait pas et donc qu'elle n'aime pas.Tante Dado décide de s'en mêler, aidée de la petite Ernestine et même du professeur de français, Marcel Mérindol, mais convaincre Khalidou, le père, ne sera pas simple car l'honneur de la famille est en jeu.
Ce roman, qui fait partie de la sélection pour le prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie est assez plaisant, l'histoire est bien construite et prenante, j'avais envie de savoir comment Awa allais s'en sortir. De plus, j'avoue que c'est la première fois que je lis un roman dont le personnage porte le même prénom que moi ! C'était un peu bizarre au départ mais je m'y suis faite ! Chose un peu stupide, j'étais curieuse de savoir si cette Awa allait me ressembler ou pas, mais la psychologie des personnages étant assez simple, je ne m'y suis pas particulièrement retrouvée.
Un des thèmes abordés est évidemment la condition féminine, ce rappel avec L'Ecole des femmes jouée par Ernestine est judicieux. Le deuxième thème qui me paraît important est l'identité : Awa est née et vit en France mais ses origines sont ailleurs, où et comment se positionner ?
Je pense que ce roman pourrait être proposé à des adolescents qui ont quelques difficultés de lecture car il est simple, agréable à lire et l'intrigue ne présente pas de complexité particulière. En revanche, j'émettrais deux réserves. La première est très concrète : comme les protagonistes sont d'origine sénégalaise, on rencontre de nombreux mots dialectaux, or, l'édition ne présente ni notes ni glossaire, ce qui est très embêtant ! comment savoir ce qu'est le "Fouta" ou un "thiéboudienne" ? Il faut donc avoir internet à portée de main lors de la lecture, ce qui n'est pas très agréable. Les élèves se découragent parfois vite, pour éviter les "pff...c'est nul, y'a plein de mot qu'on comprend pas !", je serai obligée de palier à ce manque et de préparer moi-même un glossaire. Ma deuxième réserve porte sur l'histoire en elle-même, les clichés sur la famille africaine m'ont parfois agacée : le père qui parle à peine français, la mère avec son bébé toujours accroché à elle etc. rien de très moderne dans cette famille... Heureusement, Malick, le "futur mari", est ultra-branché et vient contrebalancer ces clichés.
Voici un extrait du "prélude" :
"Il était un peu plus de cinq heures quand Agathe et Awa arrivèrent devant les grilles fermées du Panthéon. La nuit s'éclaircissait. Awa s'assit sur le trottoir et déplia ses jambes longilignes. Dans son dos, les majuscules dorées du frontispice proclamaient :
"AUX GRANDS HOMMES :
LA PATRIE RECONNAISSANTE"
- Tu penses à ce que je pense ? gloussa Agathe en se laissant tomber à côté d'elle.
La rue Soufflot déserte faisait comme un toboggan vers le Luxembourg, pile dans l'axe du lever du soleil.
- Carrément. Je regarde la bibliothèque Sainte-Geneviève et je me dis : plus qu'un an et demi, et on y sera. On sera étudiantes, on aura notre carte, un numéro de place avec un sous-main en cuir dans la salle à l'étage. J'ai vu des photos, c'est énorme. Derrière, c'est la Sorbonne. Et juste là-bas, tu vois, à côté de l'église ? C'est le lycée Henri-IV. C'est H4."
Ce roman, qui fait partie de la sélection pour le prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie est assez plaisant, l'histoire est bien construite et prenante, j'avais envie de savoir comment Awa allais s'en sortir. De plus, j'avoue que c'est la première fois que je lis un roman dont le personnage porte le même prénom que moi ! C'était un peu bizarre au départ mais je m'y suis faite ! Chose un peu stupide, j'étais curieuse de savoir si cette Awa allait me ressembler ou pas, mais la psychologie des personnages étant assez simple, je ne m'y suis pas particulièrement retrouvée.
Un des thèmes abordés est évidemment la condition féminine, ce rappel avec L'Ecole des femmes jouée par Ernestine est judicieux. Le deuxième thème qui me paraît important est l'identité : Awa est née et vit en France mais ses origines sont ailleurs, où et comment se positionner ?
Je pense que ce roman pourrait être proposé à des adolescents qui ont quelques difficultés de lecture car il est simple, agréable à lire et l'intrigue ne présente pas de complexité particulière. En revanche, j'émettrais deux réserves. La première est très concrète : comme les protagonistes sont d'origine sénégalaise, on rencontre de nombreux mots dialectaux, or, l'édition ne présente ni notes ni glossaire, ce qui est très embêtant ! comment savoir ce qu'est le "Fouta" ou un "thiéboudienne" ? Il faut donc avoir internet à portée de main lors de la lecture, ce qui n'est pas très agréable. Les élèves se découragent parfois vite, pour éviter les "pff...c'est nul, y'a plein de mot qu'on comprend pas !", je serai obligée de palier à ce manque et de préparer moi-même un glossaire. Ma deuxième réserve porte sur l'histoire en elle-même, les clichés sur la famille africaine m'ont parfois agacée : le père qui parle à peine français, la mère avec son bébé toujours accroché à elle etc. rien de très moderne dans cette famille... Heureusement, Malick, le "futur mari", est ultra-branché et vient contrebalancer ces clichés.
Voici un extrait du "prélude" :
"Il était un peu plus de cinq heures quand Agathe et Awa arrivèrent devant les grilles fermées du Panthéon. La nuit s'éclaircissait. Awa s'assit sur le trottoir et déplia ses jambes longilignes. Dans son dos, les majuscules dorées du frontispice proclamaient :
"AUX GRANDS HOMMES :
LA PATRIE RECONNAISSANTE"
- Tu penses à ce que je pense ? gloussa Agathe en se laissant tomber à côté d'elle.
La rue Soufflot déserte faisait comme un toboggan vers le Luxembourg, pile dans l'axe du lever du soleil.
- Carrément. Je regarde la bibliothèque Sainte-Geneviève et je me dis : plus qu'un an et demi, et on y sera. On sera étudiantes, on aura notre carte, un numéro de place avec un sous-main en cuir dans la salle à l'étage. J'ai vu des photos, c'est énorme. Derrière, c'est la Sorbonne. Et juste là-bas, tu vois, à côté de l'église ? C'est le lycée Henri-IV. C'est H4."
dimanche 23 juin 2013
La Falaise - Marie-Florence Ehret
Océane et Agathe sont deux adolescentes de 13 ans, elles sont en 4e. Elles sont toutes les deux amoureuses du même garçon, Mounir, en 3e. Bien qu'elles soient en froid, elles font ensemble leur jogging quotidien sur le chemin des contrebandiers, en haut de la falaise. C'est alors qu'une dispute éclate, le ton monte, Agathe fait un faux pas et tombe de la falaise... Dans le village, Paul, un jeune schizophrène vit dans une cabane avec sa chatte Schizo, il devient le coupable idéal. Le lieutenant Martine Chartres mène l'enquête.
Ce roman policier jeunesse est très agréable à lire. L'histoire est prenante car on sait depuis le début que Paul est innocent et on se demande s'il va s'en sortir car il a avoué le meurtre qu'il n'a pas commis tout simplement parce qu'il avoue tout ce qu'on lui demande. Le personnage d'Océane est très intéressant : je me suis demandé au début pourquoi elle n'avait aucune réaction à l'annonce de la mort de son amie : est-elle folle ? manipulatrice ? le choc la plonge-t-elle dans le déni ? Je l'ai trouvée extrêmement antipathique mais, comme souvent chez ces adolescentes ultra maquillées et froides d'apparence, il y a une faille. Le lieutenant Chartres perçoit cette faille sans trop savoir à quoi elle correspond mais on la comprendra à la fin du roman. Concernant cette faiblesse chez Océane, ne vous attendez pas à quelque chose de convenu, de facile à deviner, Marie-Florence Ehret est suffisamment subtile pour ne pas tomber dans les clichés. J'ai donc eu du mal à m'attacher à Océane, mais, à l'instar du lieutenant Chartres, je l'ai trouvé touchante à la fin.
Au contraire, je me suis d'emblée attachée à Paul, le jeune garçon schizophrène que tout le village accuse, forcément, celui qui est différent est le coupable idéal... La relation qu'il entretient avec sa chatte nommée Schizo est émouvante, elle est tout pour lui. Les chats ont une grande importance dans le roman. Ceux qui, comme moi, les aiment passionnément, seront d'autant plus touchés.
Du point de vue de la forme, j'ai beaucoup aimé la présentation des chapitres dont les titres sont les premiers mots de la première phrase. Par exemple, le titre du chapitre 8 est "Après la crise de la veille et sa nuit blanche, Paul est allé au jardin...", on tourne la page et on peut lire la suite : "...Il n'avait toujours pas envie de dormir." Quant au style de l'auteur, il est fluide et agréable à lire.
Il s'agit d'un roman faisant partie de la sélection 2013-2014 du Prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie auquel participeront mes 3e (je m'apprête donc à vivre une année très riche entre ce prix dans le cadre de mon travail et évidemment le prix Elle auquel je participe de mon côté !)
Voici les premières lignes du roman :
"Le Chemin des contrebandiers, dit aussi chemin des douaniers, c'est selon, est presque toujours désert. Rares sont les habitants de Sassetard-le-Mauconduit qui viennent s'y promener. Ils préfèrent le parking du supermarché ou leur jardin bien abrité. Il est vrai que le chemin est étroit et que le vent souvent souffle fort. La mer a toujours l'air un peu en colère. Les mouettes se laissent déporter et reviennent à force d'ailes tourner au-dessus des vagues à la recherche de quelque chose à mettre dans le bec. Parfois un pan de terre s'effondre et glisse rejoindre les rochers, un bloc de falaise se détache et se brise. C'est arrivé à l'automne dernier, juste au dessus de la plage des Estrelles. Heureusement, il n'y avait plus personne en dessous ce soir-là. Pourtant la vue qui s'offre du haut de cette falaise abrupte, dressée face à l'horizon est une merveille. Le soleil y joue tous les jours son grand spectacle de lumière et d'ombre, en complicité avec la mer, le vent et les nuages, immuables dans leur mouvement perpétuel, mais rares sont ceux qui savent s'en réjouir."
Voici deux liens, l'un vers le blog de l'auteure l'autre vers son site.
Ce roman policier jeunesse est très agréable à lire. L'histoire est prenante car on sait depuis le début que Paul est innocent et on se demande s'il va s'en sortir car il a avoué le meurtre qu'il n'a pas commis tout simplement parce qu'il avoue tout ce qu'on lui demande. Le personnage d'Océane est très intéressant : je me suis demandé au début pourquoi elle n'avait aucune réaction à l'annonce de la mort de son amie : est-elle folle ? manipulatrice ? le choc la plonge-t-elle dans le déni ? Je l'ai trouvée extrêmement antipathique mais, comme souvent chez ces adolescentes ultra maquillées et froides d'apparence, il y a une faille. Le lieutenant Chartres perçoit cette faille sans trop savoir à quoi elle correspond mais on la comprendra à la fin du roman. Concernant cette faiblesse chez Océane, ne vous attendez pas à quelque chose de convenu, de facile à deviner, Marie-Florence Ehret est suffisamment subtile pour ne pas tomber dans les clichés. J'ai donc eu du mal à m'attacher à Océane, mais, à l'instar du lieutenant Chartres, je l'ai trouvé touchante à la fin.
Au contraire, je me suis d'emblée attachée à Paul, le jeune garçon schizophrène que tout le village accuse, forcément, celui qui est différent est le coupable idéal... La relation qu'il entretient avec sa chatte nommée Schizo est émouvante, elle est tout pour lui. Les chats ont une grande importance dans le roman. Ceux qui, comme moi, les aiment passionnément, seront d'autant plus touchés.
Du point de vue de la forme, j'ai beaucoup aimé la présentation des chapitres dont les titres sont les premiers mots de la première phrase. Par exemple, le titre du chapitre 8 est "Après la crise de la veille et sa nuit blanche, Paul est allé au jardin...", on tourne la page et on peut lire la suite : "...Il n'avait toujours pas envie de dormir." Quant au style de l'auteur, il est fluide et agréable à lire.
Il s'agit d'un roman faisant partie de la sélection 2013-2014 du Prix littéraire des collégiens de Haute-Savoie auquel participeront mes 3e (je m'apprête donc à vivre une année très riche entre ce prix dans le cadre de mon travail et évidemment le prix Elle auquel je participe de mon côté !)
Voici les premières lignes du roman :
"Le Chemin des contrebandiers, dit aussi chemin des douaniers, c'est selon, est presque toujours désert. Rares sont les habitants de Sassetard-le-Mauconduit qui viennent s'y promener. Ils préfèrent le parking du supermarché ou leur jardin bien abrité. Il est vrai que le chemin est étroit et que le vent souvent souffle fort. La mer a toujours l'air un peu en colère. Les mouettes se laissent déporter et reviennent à force d'ailes tourner au-dessus des vagues à la recherche de quelque chose à mettre dans le bec. Parfois un pan de terre s'effondre et glisse rejoindre les rochers, un bloc de falaise se détache et se brise. C'est arrivé à l'automne dernier, juste au dessus de la plage des Estrelles. Heureusement, il n'y avait plus personne en dessous ce soir-là. Pourtant la vue qui s'offre du haut de cette falaise abrupte, dressée face à l'horizon est une merveille. Le soleil y joue tous les jours son grand spectacle de lumière et d'ombre, en complicité avec la mer, le vent et les nuages, immuables dans leur mouvement perpétuel, mais rares sont ceux qui savent s'en réjouir."
Voici deux liens, l'un vers le blog de l'auteure l'autre vers son site.
mardi 18 juin 2013
Anibal - Anne Bragance
Edgar, que tout le monde appelle Sweetie, est un adolescent de 12 ans qui n'aime pas l'école et qui est têtu et dissipé. Il est passionné par les fleurs et passe son temps à les cultiver et les admirer. Ses parents, Lolly et Hugues, qui travaillent dans le cinéma, ne voient pas cette passion d'un bon œil, surtout Hugues pour qui Sweetie risque de se transformer en "tante", le jeune garçon, qui est le narrateur, ne comprend pas bien ce que cela veut dire. Les relation entre Sweetie et ses parents sont donc tendues. Aussi, quand ceux-ci annoncent qu'ils ont adopté un petit Péruvien, il se sent rejeté et fait un très mauvais acceuil au petit Anibal, 5 ans. Mais petit à petit, l'adolescent et le petit garçon font connaissance et des sentiments très forts naissent entre eux. Tout pourrait aller pour le mieux mais Anibal, habitué à l'altitude de son Pérou natal, ne s'accoutume pas à Saint-Jean-Cap-Ferrat et développe des problèmes respiratoires. Sweetie va alors tout faire pour le sauver...
Cette histoire d'amitié, de fraternité entre Sweetie et Anibal est très belle. L'auteure parvient à exprimer la naissance des sentiments dans le cœur d'abord hostile de l'adolescent. Certains passages sont très émouvants. Quant aux parents, ils sont détestables, surtout Hugues qui ne semble porter aucun sentiments à son propre fils et qui voudrait bien renvoyer Anibal au Péron, parce que, finalement, il est dérangeant... Lolly a une personnalité plus complexe, on sent qu'elle aime ses deux garçons mais elle est tellement soumise à Hugues et tellement accaparée par son travail qu'elle en oublie ses véritables sentiments. Malgré quelques invraisemblances, l'histoire est donc très belle.
La narration est entièrement prise en charge par Sweetie. On perçoit donc son regard naïf sur le monde, il est attendrissant. Cependant, il n'utilise que le langage familier et ceci m'a gênée dans ma lecture. Je comprends bien sûr qu'il s'agit d'un adolescent un peu rebelle et donc qu'il serait peu vraisemblable de le faire parler en langage soutenu mais la répétition à outrance des "malgré que" m'a exaspérée. J'aime lire les romans dont la langue est élégante (c'est une des choses qui m'a plus dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme), au contraire, le langage familier a tendance à me faire fuir.
Les principaux ingrédients (sensibilité, intrigue, psychologie des personnages) étaient donc réunis pour que ce roman soit un coup de cœur mais la langue a gâché mon plaisir...
Voici un extrait situé au début du roman quand Sweetie nous présente ses parents :
Lolly et Hugues -c'est mon père- travaillent dans le cinéma. J'sais pas au juste ce qu'ils font, vu que leurs tronches apparaissent jamais sur un écran. Souvent, on projette des films à la maison et quand les noms des gens défilent au début, Lolly les montre du doigt pour m'obliger à lire le sien et celui de mon père. Après, j'attends, je me dis que Hugues va se pointer et serrer la pince à Delon, ou peut-être que maman entrera dans une chambre avec Charlie Bronson et se désabillera devant lui. Toujours je suis déçu, et toujours Lolly se moque de moi. Elle me répète pour la millième fois qu'ils ne sont pas des acteurs. Quoi alors ? Elle dit : "C'est trop compliqué, tu comprendras plus tard."
Cette histoire d'amitié, de fraternité entre Sweetie et Anibal est très belle. L'auteure parvient à exprimer la naissance des sentiments dans le cœur d'abord hostile de l'adolescent. Certains passages sont très émouvants. Quant aux parents, ils sont détestables, surtout Hugues qui ne semble porter aucun sentiments à son propre fils et qui voudrait bien renvoyer Anibal au Péron, parce que, finalement, il est dérangeant... Lolly a une personnalité plus complexe, on sent qu'elle aime ses deux garçons mais elle est tellement soumise à Hugues et tellement accaparée par son travail qu'elle en oublie ses véritables sentiments. Malgré quelques invraisemblances, l'histoire est donc très belle.
La narration est entièrement prise en charge par Sweetie. On perçoit donc son regard naïf sur le monde, il est attendrissant. Cependant, il n'utilise que le langage familier et ceci m'a gênée dans ma lecture. Je comprends bien sûr qu'il s'agit d'un adolescent un peu rebelle et donc qu'il serait peu vraisemblable de le faire parler en langage soutenu mais la répétition à outrance des "malgré que" m'a exaspérée. J'aime lire les romans dont la langue est élégante (c'est une des choses qui m'a plus dans Vingt-quatre heures de la vie d'une femme), au contraire, le langage familier a tendance à me faire fuir.
Les principaux ingrédients (sensibilité, intrigue, psychologie des personnages) étaient donc réunis pour que ce roman soit un coup de cœur mais la langue a gâché mon plaisir...
Voici un extrait situé au début du roman quand Sweetie nous présente ses parents :
Lolly et Hugues -c'est mon père- travaillent dans le cinéma. J'sais pas au juste ce qu'ils font, vu que leurs tronches apparaissent jamais sur un écran. Souvent, on projette des films à la maison et quand les noms des gens défilent au début, Lolly les montre du doigt pour m'obliger à lire le sien et celui de mon père. Après, j'attends, je me dis que Hugues va se pointer et serrer la pince à Delon, ou peut-être que maman entrera dans une chambre avec Charlie Bronson et se désabillera devant lui. Toujours je suis déçu, et toujours Lolly se moque de moi. Elle me répète pour la millième fois qu'ils ne sont pas des acteurs. Quoi alors ? Elle dit : "C'est trop compliqué, tu comprendras plus tard."
jeudi 13 juin 2013
Olivia Reine des Princesses - Ian Falconer
Il s'agit d'une jolie histoire qui permet aux enfants de réfléchir sur l'identité et sur ce qui fait que chacun de nous est unique. Le personnage d'Olivia est très attachant et la fin est drôle et bien trouvée : finalement, en se déguisant en reine, Olivia affirme son individualité tout en appartenant à son groupe d'amies car les reines et les princesses appartiennent au même univers, avec une différence malgré tout : Olivia est plus ambitieuse que ses amies, d'où le titre "Olivia Reine des Princesses".
En revanche, j'ai été déçue par les illustrations, je les trouve un peu sombres pour un livre d'enfant., j'aime les albums très colorés. Toutefois, cela n'a pas dérangé ma choupette.
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