
Cette bande dessinée m'a laissée un sentiment très étrange, elle est d'une grande violence, le passage où l'on comprend ce que le père Gandriale fait à sa fille est horrible, on ne voit évidemment rien mais tout est suggéré par les expressions des personnages et le texte : "[...] le père Gandriale fait tout à la maison. Il s'occupe du ménage, des courses, du repas... ainsi que de Laurie. Laurie a toujours les yeux dans le lointain car tout est sale autour d'elle. Elle préfère regarder ailleurs." Le petit garçon tue justement pour supprimer tous ces êtres abjectes et partir découvrir le vrai monde, hors de son village, on est donc par moment entièrement de son côté. De plus, le fait qu'il soit le narrateur nous place de son point de vue et son langage enfantin l'humanise à nos yeux. Le problème est qu'il ne s'arrête pas aux coupables, il assouvit ses besoins de meurtres sur d'autres personnages totalement innocents car son but est de liquider tout le village, il envisage même de tuer la jeune Laurie, mais comme il l'aime bien, elle passera en dernier !J'ai aussi beaucoup aimé les dessins en monochrome, bleus ou ocres qui m'ont plongée dans cette atmosphère malsaine. J'aime beaucoup le coup de crayon de Munoz, il a un don particulier pour camper ses personnages immoraux.
On ne peut pas rester indifférent face à cette BD qui ne doit pas passer entre toutes les mains. Pour ma part, j'ai été paradoxalement séduite par le sentiment de malaise qu'elle m'a provoquée et j'ai été touchée par ce petit garçon finalement très malheureux dans son village de dégénérés qui ont fini par le pervertir. Cette BD m'a marquée, je pense que je ne l'oublierai pas de si tôt.


Bonjour Awa, je dirais que cette BD est... kafkaienne !!! Merci de t'être inscrite au challenge Kafka, bon challenge !
RépondreSupprimerJe suis d'accord avec toi. Et bon challenge à toi aussi !
SupprimerMon article de présentation du challenge est programmé pour cette nuit (un moment kafkaien !)