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dimanche 31 mars 2013

Les mots doux - Carl Norac et Claude K.Dubois

Dans le cadre du challenge "Je lis aussi des album" de Hérisson, voici la quatrième lecture de ma choupette et moi.
Cet album est paru chez l'éditeur bien connu "L'école des loisirs" édition Pastel. Lola est un petit hamster qui a des mots doux dans la bouche, elle essaye de les dire à son papa, à sa maman, à ses copains de classe, à son amoureux, à la maîtresse, mais ils ne peuvent jamais sortir. Alors, en rentrant chez elle, Lola boude, mais, enfin, les mots doux finissent pas sortir pour le plus grand bonheur de son papa et de sa maman.



Les dessins au pastel sont, comme les mots de Lola, tout doux et l'histoire est très jolie, Lola est un petit hamster très attachant, elle est toujours en recherche d'amour et a un côté très boudeur... Cette histoire a une résonance particulière pour ma choupette et moi : comme pour Lola, les mots de ma choupette ont mis un peu de temps à sortir de sa bouche et quand ils sont arrivés, cela a été une explosion de joie. Elle aimait beaucoup que je lui lise cet album à cette période, peut-être se sentait-elle un peu comme le petit hamster. "On ne devrait jamais sous-estimer le pouvoir des livres" écrivait Paul Auster...
On peut retrouver les aventures de la petite Lola avec L'île aux calins, Bonjour mon petit coeur, un bisou c'est trop court, Tu m'aimes ou tu m'aimes pas ?, Mon meilleur ami du monde et Lola reine des princesses.


vendredi 29 mars 2013

Challenge Printemps coréen

Catherine, du blog La culture se partage, organise un challenge autour de la Corée pour le printemps, il s'intitule : "Printemps coréen". Voici les modalités :
Du 20 mars au 20 juin 2013, il faut publier au moins un article (donc un challenge on ne peut plus facile à remporter !) sur un livre ou même sur un aspect culturel de la Corée (cinéma, art, gastronomie...).
Je me suis inscrite pour plusieurs raisons : la première est que je ne connais absolument pas la littérature coréenne, ce sera dont l'occasion de la découvrir, la seconde est que je sais que je pourrai aller au bout de ce challenge (enfin, ne pas aller au bout de ce challenge me parait difficile ...) et la troisième est que j'aime l'ouverture sur les autres arts que propose Catherine.
... j'allais oublier une quatrième raison : les logos sont tellement beaux qu'il est impossible de résister !




                                                                       
 Si vous aussi souhaitez vous inscrire, c'est ICI.

mardi 26 mars 2013

La petite fille de Monsieur Linh - Philippe Claudel

Monsieur Linh est un vieil homme qui quitte son pays, il a perdu quasiment toute sa famille, il ne lui reste que sa petite fille qu'il serre dans ses bras sur le bateau. Elle s'appelle Sang diû. Monsieur Linh est très attentionnée avec l'enfant, il veille toujours à ce qu'elle n'ait pas froid et à ce qu'elle se sente bien, il n'a plus qu'elle, c'est son trésor le plus précieux.

Mon résumé est très court, je ne veux pas en dire plus car il ne faudrait surtout pas risquer de gâcher le plaisir de la découverte de ce roman qui est un pur bijou !
L'écriture est simple, fluide et c'est de cette simplicité qu'elle tire toute sa force poétique. L'auteur adopte la plupart du temps le point de vue du vieil homme sauf quand il s'agit de transcrire les paroles et pensées de Monsieur Bark, l'ami rencontré sur un banc. On ressent à travers les mots de Claudel tout l'amour que porte Monsieur Linh à sa petite fille, elle est sa seule famille ... Je connaissais déjà l'histoire car on me l'avait racontée, c'est dommage car je pense que l'on doit ressentir énormément de chose quand on la découvre en la lisant. Cela ne m'a toutefois pas empêchée d'apprécier le roman car même si je connaissais la chute, il me restait des zones d'ombre à éclaircir, je ne connaissait pas le "pourquoi" qui, lorsque je l'ai découvert, m'a beaucoup émue et j'ai été touchée par la poésie de l'écriture de Claudel. Il y a quelques temps, j'ai lu de cet auteur Le rapport de Brodeck, j'ai beaucoup aimé mais ici, avec La petite fille de Monsieur Linh, j'ai été bouleversée.
Ce roman est pour moi un immense coup de coeur, si vous ne l'avez pas lu, foncez ! Très court et fluide, il se lit d'une traite et l'on ne peut ressortir que très ému de cette lecture.

Voici les premières lignes du roman :

"C'est un vieil homme debout à l'arrière d'un bateau. Il serre dans ses bras une valise légère et un nouveau-né, plus léger encore que la valise. Le vieil homme se nomme Monsieur Linh. Il est seul à savoir qu'il s'appelle ainsi car tous ceux qui le savaient sont morts autour de lui.
Debout à la poupe du bateau, il voit s'éloigner son pays, celui de ses ancêtres et de ses morts, tandis que dans ses bras l'enfant dort. Le pays s'éloigne, devient infiniment petit, et Monsieur Linh le regarde disparaitre à l'horizon, pendant des heures, malgré le vent qui souffle et le chahute comme une marionnette.
Le voyage dure longtemps. Des jours et des jours. Et tout ce temps, le vieil homme le passe à l'arrière du bateau, les yeux dans le sillage blanc qui finit par s'unir au ciel, à fouiller le lointain pour y chercher encore les rivages anéantis."

samedi 23 mars 2013

Magnus - Sylvie Germain

Franz-Georg a une mémoire lacunaire. Il est né en Allemagne avant la guerre mais ne se souvient pas de beaucoup de choses. Son passé a été réinventé, il doit tout réapprendre. De ce passé inconnu ne lui reste que son ours en peluche nommé "Magnus" : "Magnus est un ourson de taille moyenne, au pelage assez râpé, marron clair légèrement orangé par endroit. Il émane de lui une discrète odeur de roussi". Parti à la recherche de son histoire, il rencontre l'Histoire : il apprend que son père était SS, il apprend aussi les circonstances de sa naissance et tout un tas d'autres choses sur lui-même et ses proches. Ses recherches le mènent en Amérique du Sud où il rencontre May et prend le nom de son ours en peluche, Magnus.

Ce roman est très original car il nous fait vivre petit à petit les découvertes du héros : l'histoire est découpée non pas en chapitres mais en "fragments" : il s'agit des fragments de l'histoire de Franz-Georg", mais ils ne sont pas donnés dans l'ordre (par exemple, on commence par le "fragment 2" et le "fragment 1" se situe beaucoup plus loin dans le roman), nous sommes ainsi placés dans la position du personnage qui découvre dans le désordre l'histoire de sa vie, ainsi qu'en "notules" qui sont des informations généralement d'ordre généalogiques (mais pas toujours), et en "séquences" qui sont des extraits de romans, poèmes, pièces de théâtre en rapport avec l'histoire. J'ai trouvé ce découpage original et intéressant.
Malgré tout, je ne suis pas parvenue à me plonger dans le roman, je ne me suis pas attachée au personnage principal, je suis passée à côté. Je ne sais pas à quoi cela tient car il y a une vraie intrigue et la forme change de ce que l'on a l'habitude de lire. Peut-être est-ce par ce que les sentiments des personnages sont peu décrits et rien n'est fait pour que l'on s'attache à eux ? Ou alors parce que cette construction originale ne m'a pas permise de "m'accrocher" à l'histoire ? Ou bien parce que l'ours en peluche n'a finalement pas le rôle auquel je m'attendais dans l'histoire ? Je ne sais pas trop ...
Ce roman a obtenu en 2005 le prix Goncourt des lycéens, c'est souvent un gage de qualité, mais celui-ci fera pour moi exception.

Voici un extrait, il s'agit du début du premier fragment que l'on lit et qui est le fragment n°2 :
Fragment 2
Il porte sur chaque chose, chaque personne, dont ses parents, un regard plein de candeur et d'étonnement, examinant tout avec minutie. Le regard d'un convalescent qui a frôlé la mort et qui réapprend à voir, à parler, à nommer les choses et les gens. A vivre. L'année de ses cinq ans, il est tombé gravement malade et la fièvre a consummé en lui tous les mots, toutes les connaissances fraîchement acquises. Il ne lui reste aucun souvenir, sa mémoire est aussi vide qu'au jour de sa naissance. Des ombres néanmoins la parcourent parfois, venues il ne sait d'où."

mercredi 20 mars 2013

La chauve-souris et l'étoile - Anne Brière-Haquet et Delphine Brantus

Dans le cadre du challenge "Je lis aussi des album" de Hérisson, voici la troisième lecture de ma choupette et moi.
Cet album est paru aux éditions Auzou (comme Crocky le crocodile). C'est l'histoire d'une chauve-souris qui est amoureuse d'une étoile mais celle-ci est trop loin... La petite chauve-souris fait tout pour l'attirer : elle lui écrit un poème, lui fait des dessins, se fait belle et se parfume "au pipi de vers de terre", puis elle décide de bouder, "mais rien à faire, l'étoile ne bouge pas." Une dernière solution s'offre à elle : aller la rejoindre ...








Ma choupette et moi aimons beaucoup cet album, les illustrations sont belles, la petite chauve-souris est craquante. C'est une histoire d'amour mais elle est humoristique. Habituellement, je ne raconte jamais la fin des livres que je lis, mais ici, je n'y resiste pas ! La petite chauve-souris essaye d'aller rejoindre son étoile mais, épuisée, elle tombe dans les pommes, ou plûtôt ... dans un pommier. Soudain, elle voit son étoile, ça y est, elle est venue à elle ! ... mais assez rapidement, elle se rend compte que ce n'est pas son étoile mais un vers luisant... tant pis, elle décide de le manger ! (et peut-être de le partager avec une demoiselle chauve-souris qui passe par là...)


Ce très bel album, grâce à ses illustrations et son histoire est pour nous deux un coup de coeur.



lundi 18 mars 2013

L'assassin habite au 21 - S.A Steeman


Plusieurs meurtres sont commis dans Londres. Les sept victimes sont retrouvée le crâne fracassé et le meurtrier laisse à chaque fois sa carte de visite : il s'appelle "Smith". Le problème est qu'à Londres, les Smith sont légions, la psychose gagne alors la ville. Un jour, Toby Marsh accepte de témoigner : il sait que ce Smith habite au 21 Russel Square, une drôle de maison de famille. Lequel des pensionnaire a commis ces crimes abominables ? Qui est Mr Smith ?

Ce roman policier est très bien construit. Le huis-clos au 21 Russel Square fait monter la tension, on sait que le meurtrier est là, mais qui est-ce ? Les personnages sont truculents (en revanche, le fait qu'ils soient nombreux m'a un peu destabilisée au départ mais ensuite ça allait mieux). On est avec ce roman dans la même veine qu'Agatha Christie : l'époque, le lieu et la construction de l'intrigue policière sont similaires. J'ai beaucoup aimé les adresses au lecteur car elle permettent de transformer la lecture en jeu de piste. En voici une :

"AU LECTEUR
qui ne connaît pas encore le coupable

Ellery Queen, Hugh Austin et quelques autres auteurs de romans policiers américains ont accoutumé d'engager avec leurs lecteurs "une sorte de lutte de l'esprit" (Hugh Austin dixit) en les invitant à découvrir eux-même la solution des problèmes exposés dans leurs oeuvres.
Exceptionnellement, il m'a paru amusant de reprendre cette idée à mon compte et d'ouvrir une rapide parenthèse pour vous dire :
Vous voici en possession de tous les éléments nécessaires à la découverte de la vérité.
Mieux ! Celle-ci figure en toutes lettres en divers endroits de ce roman.
Etes-vous bon détective ? ...
A vous d'en décider !
L'AUTEUR"

Je ne suis pas un trop mauvais détective car j'avais déjà trouvé la solution ... je n'en dis pas plus ! Et vous ?

 
 
 

samedi 16 mars 2013

La moustache - Emmanuel Carrère

Un jour, comme ça, pour changer, le personnage principal (dont on ne connaît pas le nom) décide de se raser la moustache sans rien dire à personne, pour faire une surprise. Après tout, sa femme Agnès change bien de coiffure sans le prévenir ! Il profite de la coute absence d'Agnès, partie faire les courses, pour se raser. Quand son épouse revient ... aucune réaction. Le couple passe ensuite la soirée chez des amis, Serge et Véronique ... aucune réaction. Le lendemain, le héros se rend à son travail ... aucune réaction ! Est-ce une blague ? Le héros est-il fou ? Est-ce son entourage qui est fou ?

Ce court roman était dans ma PAL depuis quelques temps et je suis contente de l'avoir ressorti. J'ai bien aimé cette histoire. Le fait que le personnage principal n'ait pas de nom est étrange mais cela ne gêne pas la lecture, au contraire, je pense que cela permet l'identification du lecteur au personnage. On se demande si son entourage lui fait une blague, s'il rêve, s'il est fou ou si c'est Agnès qui est folle (ainsi que tous les autres personnages, ce qui ne tient pas bien debout... mais sait-on jamais ?). Au moment où je commençais à m'ennuyer, la tension s'est mise à monter, le personnage n'en pouvait plus. Alors, ma lecture s'est accelérée, je n'en pouvais plus non plus, je voulais absolument savoir jusqu'où cette simple histoire de moustache allait nous mener ... Il m'est impossible de vous raconter la fin car la surprise serait gâchée, elle est ... surprenante.
E. Carrère a adapté lui-même son roman au cinéma en 2005 avec Vincent Lindon et Emmanuelle Devos, je ne l'ai pas vu mais la bande annonce que vous pouvez voir ci-dessous me tente (et je me demande ce que donne la fin ... mais chut !)




Voici ce que l'on peut lire sur la quatrième de couverture de l'édition folio :

Un jour, pensant faire sourire votre femme et vos amis, vous rasez la moustache que vous portiez depuis dix ans. Personne ne le remarque ou, pire, chacun feint de ne l'avoir remarqué, et c'est vous qui souriez jaune. Tellement jaune que, bientôt, vous ne souriez plus du tout. Vous insistez, on vous assure que vous n'avez jamais eu de moustache. Deviendriez-vous fou ? Voudrait-on vous le faire croire ? Ou quelque chose, dans l'ordre du monde, se serait-il détraqué à vos dépens ? L'histoire, en tout cas, finit forcément très mal et, d'interprétations impossibles en fuite irraisonnée, ne vous laisse aucune porte de sortie. Ou bien si, une, qu'ouvrent les dernières pages et qu'il est fortement déconseillé d'emprunter pour entrer dans le livre. Vous voici prévenu.