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dimanche 14 avril 2013

Une photo, quelques mots - La dernière âme.

Leiloona propose sur son blog Brick à Book un rendez-vous d'écriture : elle publie chaque semaine une photo sur laquelle se base le texte que nous écrivons. Il s'agit de ma première participation (je vous demande donc un peu d'indulgence...)

 
 

La dernière âme

Mon village...il m'a vue naître, il m'a vu grandir, vieillir et aujourd'hui...mourir.
Autrefois, c'était un village plein de vie, j'aimais me promener dans les rues étroites, j'aimais aussi aller au marché, les odeurs m'enivraient.
J'habitais dans la petite maison près de l'église entourée de toute ma famille mais petit à petit, certains sont morts, d'autres sont partis, il paraît qu'il est plus facile de vivre en ville, je n'en suis pas si sûre...
Finalement, je suis restée seule avec le vieil Antoine, nous étions pareils tous les deux, trop attachés à notre si doux village. Mais un matin, Antoine s'est éteint, à son tour, brutalement... je ne m'y attendais pas. Il était la dernière personne qui me restait dans ce village désert. Aujourd'hui, je suis seule, je suis la dernière âme et je vais m'éteindre à mon tour. Le temps est à l'orage, je déteste la pluie, c'est un signe, mon heure a sonné.
Je suis allongée sur le sol, seule, ma dernière pensée est pour toi, mon cher Antoine, j'arrive !
Le souvenir de tes caresses me fait frémir, je ferme les yeux et je pars, dans un dernier miaulement...Adieu !


vendredi 12 avril 2013

L'empereur, c'est moi - Hugo Horiot

L'empereur c'est moi est l'autobiographie du comédien Hugo Horiot, autiste asperger. Hugo nous raconte dans ce livre son enfance et son adolescence à partir de l'âge de 4 ans. Il a parlé très tard, vers l'âge de 7 ans, était fasciné par tout ce qui tourne parce que la terre et toutes les planètes tournent, il était fasciné aussi par les tuyaux car ceux-ci rentrent dans le sol mais on ne sait pas où ils vont, il n'avait qu'une envie : retourner dans le ventre de sa mère. A l'origine, il s'appelait Julien, mais, se disant que Julien était son ennemi, qu'il fallait le tuer, il a demandé à sa mère de changer son prénom, elle a opté pour Hugo. C'est à partir de ce moment là qu'il a commencé à parler. Sa mère n'a jamais voulu laisser l'institution prendre en charge son fils (et si elle l'avait fait, il serait sans doute en hôpital psychiatrique aujourd'hui). A l'école, au collège puis au lycée, il a été le bouc émissaire de ses camarades et ses professeurs n'ont pas été tendres non plus avec lui, personne n'acceptait sa différence. Le livre se termine par un texte de sa mère, l'écrivain Françoise Lefèvre, qu'elle a rédigé après la lecture du récit de son fils.

J'ai beaucoup aimé ce livre, j'ai trouvé ce témoignage très intéressant car il nous fait entrer dans la tête de l'enfant. On comprend que ses manies et ses angoisses sont dues à une très grande intelligence, s'il est fasciné par ce qui tourne, c'est parce qu'il pense aux planètes et se demande pourquoi le soleil, lui, ne tourne pas et il a très tôt conscience de la mort. L'attitude des gens m'a révoltée, en particulier celle du professeur de français : Hugo nous raconte qu'elle a convoqué ses parents pour leur dire que leur fils parlait un langage "trop soutenu" et qu'il fallait qu'il se mette au niveau des autres ! Comment un professeur de français peut-il reprocher à un élève de parler un langage soutenu ? Exerçant le même métier que cette dame, je me bats tous les jours pour que mes élèves parlent comme Hugo et bannissent les "vas-y !", "chai pas c'est quoi" et autres ; si c'est cela la normalité, alors je préfère la différence... A la fin du récit, Hugo Horiot nous explique que la France utilise des méthodes dépassées voire monstrueuses : j'ai ainsi découvert la méthode du "packing" qui s'apparente à de la torture. C'est donc une lecture qui m'a beaucoup plu, peut-être parce que j'ai dû, à une certaine période, m'intéresser à ce sujet et qu'il me touchera, je pense, pour toujours...

Voici le premier chapitre de ce récit :

"Je m'appelle Julien. Julien Hugo Sylvestre Horiot, mais on m'appelle Julien. J'ai quatre ans. Je suis très sage. Trop sage. Quand quelque chose ne me plaît pas, je me mets en colère. Trop en colère. Je crie. Je crie, mais sans paroles.

Je ne parle pas.

Souvent, je fais des gestes répétitifs. Ce que j'aime particulièrement, c'est les roues. Sans doute parce que la Terre tourne sur elle-même, que la Lune tourne autour de la Terre, qui tourne autour du Soleil. Ca, c'est mon père qui me l'a dit. Mais le Soleil, autour de quoi il tourne ? Ca, il ne me l'a pas dit. Peut-être parce que je ne lui ai pas demandé ? De toute façon, je ne demande jamais rien à personne. Je connais l'ordre des lettres. Je sais même comment on fabrique les mots avec, c'est ma mère qui me l'a appris. Ensemble, nous avons dessiné l'alphabet et les chiffres sur le mur de ma chambre. Je sais compter aussi. Très bien et très vite. Je peux compter dans ma tête toute la journée si je veux. Sans m'arrêter. Mais je ne parle pas, pas même à ma mère. Le seul à qui je prends la peine de parler, c'est mon pire ennemi : Julien. Uniquement en tête à tête quand je suis seul avec lui. Je le hais. Je vais le tuer.

Je sais très bien que je vais mourir.
Tout ça continuera sans moi.
Et je ne renaîtrai pas.
Pas comme ça.

Bref, j'ai quatre ans et j'en suis là."

Hugo Horiot est passé à la télévision dans l'émission 7 à 8, voici la vidéo :

 
 

mercredi 10 avril 2013

La vache qui voulait éteindre la lune - Christine Beigel et Hervé Le Goff

Voici la cinquième lecture de ma choupette et moi dans le cadre du challenge  "Je lis aussi des album" de Hérisson. La vache qui voulait éteindre la lune est un petit album de la collection "Mamie Poule raconte" des éditions Gautier-Languereau. Mamie Poule raconte une histoire à ses petits poussins et cette histoire est "La vache qui voulait éteindre la lune".
C'est le soir, tous les animaux sont énervés car la lune brille très fort et fait trop de lumière. La vache a alors une idée : l'éteindre. Petit à petit, les animaux vont donc monter les uns sur les autres afin d'arriver jusqu'à la lune : le gorille monte sur le chat qui est sur la girafe qui est sur la poule qui est sur le caméléon etc.



Il s'agit d'un joli petit album, l'histoire est drôle et les dessins sont très sympathiques, ma choupette l'aime beaucoup. A la fin, la vache qui est montée tout en haut se rend compte qu'il y a le feu à la lune, on appelle alors la baleine pour qu'elle l'arrose, mais ça ne suffit pas, c'est alors au tour du crocodile pour qu'il pleure, mais ça ne suffit toujours pas. Alors la vache, décidément très ingénieuse, a une idée : elle fait un "petit pipi de nuit" ! Et cela fonctionne ! Mais à la fin, comment font les animaux pour descendre ? Pour le savoir, vous n'avez qu'à lire ce joli petit album...

dimanche 7 avril 2013

Profanes - Jeanne Benameur

Octave Lassalle est un ancien chirurgien du cœur à la retraite qui décide un jour de recruter quatre personnes pour un travail singulier : sauver sa vie. On apprend au fil du roman sa tragédie : il a perdu sa fille, Claire, alors âgée de dix-neuf ans. Il est facile de passer de la vie à la mort, mais comment passer de la mort à la vie ? Chaque personnage a ses failles, sa tragédie (par exemple, Béatrice a perdu un frère et le silence de ses parents face à ses questions lui a donné un rapport particulier à son corps dont elle se sert librement avec les hommes) et c'est la blessure de chacun qui va créer un élan vers la vie.

Ce roman comporte très peu de rebondissements, et traite d’un sujet difficile et délicat, la perte d’un enfant, mais il s’en dégage beaucoup de douceur et la confiance qui est donnée en l’homme fait du bien dans notre époque mouvementée ! En effet, dans cette œuvre, ce n’est pas la religion qui permettra de se transcender, mais l’Homme, la foi en l’Homme, l’amour de l’Homme. J’ai trouvé au départ le personnage d’Octave inquiétant, je me demandais ce qu’il avait préparé pour ses quatre « compagnons » et un peu plus loin dans le roman, je me suis demandé si le rapport qu’il avait instauré avec eux n’était pas malsain. Mais je me suis vite rendue compte que, bien au contraire, le rapport qu’il crée est profondément humain, après cette aventure, un lien indestructible est tissé entre tous. De plus, le style de l’auteur m’a touchée : il est simple, les phrases sont courtes mais en même temps puissantes dans le sens où elles parviennent à retranscrire avec beaucoup de finesse les sentiments des personnages. J'ai donc eu un gros coup de coeur pour ce roman plein de sensibilité.

Voici les premières lignes de ce roman :

"Ils sont là, derrière la porte. Il ne faut pas que je rate mon entrée.
Maintenant que je les ai trouvés, tous les quatre, que je les ai rassemblés, il va falloir que je les réunisse. Réunir, ce n'est pas juste faire asseoir des gens dans la même pièce, un jour. C'est plus subtil. Il faut qu'entre eux se tisse quelque chose de fort.
Autour de moi, mais en dehors de moi;

Moi qui n'ai jamais eu don de réunir qui que ce soit, ni famille ni amis. A peine mon équipe à la clinique, parce qu'ils y mettaient du leur. Je leur en savais gré. Ce n'est pas la même affaire dans une clinique, les choses se font parce que sinon c'est la vie qui part. Ce n'est pas autour de moi qu'ils étaient réunis, c'était autour de la mort. Et ça, c'est fort.
Là, j'ai su tenir ma place."


 


mardi 2 avril 2013

Mon chat, la vie et moi - Kwon Yoonjoo

Voici ma lecture pour le challenge du "printemps coréen" de Catherine (la culture se partage): Mon chat, la vie et moi de Kwon Yoonjoo.
Il s'agit d'un ouvrage qui mêle photographies et dessins humoristiques autour du chat de l'auteur. Kwon Yoonjoo est partie s'installer à New York avec son chat. Elle raconte leur installation, leur vie à deux dans le nouvel appartement et leurs rencontres avec le voisinage.

Je suis une amoureuse des chats et j'ai été conquise par ce livre. Les photographies sont magnifiques, on ressent à travers elles tout l'amour de Kwon Yoonjoo pour son félin Elle a su mettre en valeur son chat, bien qu'il soit un chat "ordinaire", tigré, il est superbe. C'est exactement le type de photographie que j'aime : elles sont simples mais transcrivent souvent un sentiment à la fois fort et subtil.
Quant aux dessins, ils sont pleins d'humour et de tendresse. Le chat est bien sûr le héros de chaque page, des paroles lui sont prêtées et parfois, il marche sur ses deux pattes arrière, cet anthropomorphisme contribue à le rendre très sympathique. L'auteur porte un regard amusé sur les comportements de son chat mais aussi sur les siens. Tout comme avec les photographies, ce qui ressort de chaque dessin est l'amour que Kwon Yoonjoo et son félin se portent. C'est donc un livre magnifique qui ne peut que séduire ceux qui, comme moi, aiment les chats. Un premier volume intitulé Toi, mon chat est paru en 2005 et a reçu le prix 30 millions d'amis. J'ai tellement aimé Mon chat, la vie et moi que je pense me le procurer avant la fin du challenge (et bien entendu rédiger un billet !)

Le chat est-il gêné par le soleil ou nous fait-il un clin d'oeil ? J'ai envie d'opter pour la seconde solution, c'est un chat assez taquin !

On dit souvent que le maître et l'animal finissent par se ressembler, le mimétisme est flagrant ici ! Avez-vous remarqué que le chat a la même taille que l'humain ? C'est dire l'importance qui lui est accordée.

Kwon Yoonjoo est une dessinatrice et photographe coréenne, passionnée par les chats, elle a créé la bande dessinée Snowcat qui a énormément de succès en Corée du Sud (image ci-contre, mais ne me demandez pas de traduire...) .
 
 
 
 
 
 

 

lundi 1 avril 2013

La lecture gourmande : Mes crumbles salés et sucrés - Nathalie Combier

Les livres sont pour moi une passion, mais j'en ai une deuxième : la cuisine. Il existe un moyen de concilier les deux : lire des livres de cuisine. J'inaugure aujourd'hui un nouveau rendez-vous hebdomadaire intitulé "La lecture gourmande". Je présenterai donc chaque week-end un livre de cuisine ainsi qu'une de ses recettes que j'aurai testée. Si d'autres blogueurs/blogueuses souhaitent se joindre à moi chaque semaine ou occasionnellement, de manière très libre, je peux tout centraliser sur ce blog, laissez-moi un message avec le lien vers votre billet.


 
Pour ce premier rendez-vous, voici une présentation de Mes crumbles salés et sucrés de Nathalie Combier.
Ce livre regroupe des recettes de crumbles très variées, certaines sont classiques mais d'autres sont plus originales, en particulier les recettes salées. Les recettes sont classées par saison, ce que je trouve très astucieux, le choix est très grand car on peut compter 20 recettes par saison, soit en tout 80 recettes. Voici par exemple quelques recettes que l'on peut trouver dans la catégorie "printemps" : crumble poire-cerise, crumble courgette et chèvre, crumble breton à la marmelade d'orange, crumble aux tomates, crumble de petits pois safrané, crumble pomme-poire à la vanille...
J'ai décidé de réaliser aujourd'hui le crumble pomme-poire à la vanille.

 J'ai très légèrement modifié cette recette : je n'ai pas utilisé de caramel liquide tout prêt, je l'ai fait moi-même et je ne l'ai pas mis au fond du plat mais je l'ai mélangé aux fruits afin qu'ils aient un goût caramélisé plus prononcé.

 Voici le résultat :

 Ce crumble a eu beaucoup de succès, Monsieur, choupette et moi-même nous sommes régalés !

Bilan du mois de mars


En ce premier jour du mois d'avril, il est temps de faire le bilan du mois de mars :
- 16 billets publiés, soit une moyenne d'un billet tous les deux jours.
- 2 challenges en cours : "Je lis aussi des albums" de Hérisson et "Le printemps coréen" de Catherine.
- 1 exposition visitée : Paul Eluard à Evian-les-bains.
- 13 livres lus : 6 romans, 1 recueil de nouvelles, 1 pièce de théâtre, 1 document et 4 albums jeunesse.
Parmi ces livres, 5 coups de coeur. Si je devais choisir le plus gros coup de coeur du mois, ce serait sans aucune hésitation La petite fille de Monsieur Linh de Claudel car c'est celui qui m'a le plus émue. Si les autres coups de coeur resteront pour moi mémorables, j'ai été vraiment touchée à la fois par l'histoire du vieil homme et l'écriture épurée de ce roman.